jeudi 3 août 2017

Un jour ... je ne fuirai plus.




Bookend's & Daisies's Photography 




En ce moment, mon moral est en dent de scie.

Les choses ne se déroulent pas  comme je le voudrais. Je commence à douter de la pérennité de mon entreprise. Après tout, comment pourrais-je à peine me dégager un smic, sachant que je suis à 50% de charges sur mon CA, et que je ne vends que deux ou trois prestas à 40 euros, par ci, par là ... envolée ma belle assurance des débuts. On me demande toujours plus (de services, de temps) pour toujours moins ( d'argent) et parfois, j'en arrive à me dire que je travaille à perte. A côté de ça, je ne mets pas de beurre dans les épinards, le trou de trésorerie se creuse( il faut sortir beaucoup d'argent quand on créé sa boîte et ça personne ne vous le dit), mon homme se tue au boulot ( sans vouloir faire de mauvais jeu de mots) et moi je culpabilise de ne pas pouvoir lui adoucir un peu la vie.

Et comme à chaque fois que je me trouve acculée dans une situation : j'ai envie de fuir. De prendre mes clics et mes clacs et de partir. Plus ou moins loin. Plus ou moins longtemps. De manière plus ou moins radicale. Parfois, je me fais un film. Un film où je ferrai ma valise, la sienne, on partirait, on tracerait la route puis on se poserait où le cœur nous en dit, là où on ne connait personne, là où on n'a pas de passif, là où on pourrait être des gens tellement différents si on en avait envie, là où on n'aurait plus d'étiquettes et où on serait libre de s'inventer une vie, forcément bien plus réussie que la précédente.

Je sais bien que les difficultés sont une réalité de la vie, qu'elles ne sont pas optionnelles. Mais plutôt que des les fuir, j'aimerais savoir y faire face.

Parce que je sais bien, au fond, que peu importe la difficulté à laquelle nous sommes confrontés, nous avons toujours le choix entre la concevoir comme un mur infranchissable ou l'aborder comme un défi à relever. En théorie. Dans mes discours, c'est ce que j'affirme. Dans mes pensées, c'est ce que je me persuade de croire. Mais en vérité, dès que je me sens à bout de ressources, quand je ne sais plus par quel bout prendre le problème, quand je perds pieds, alors il n'est plus question de défi à relever. Il n'y a qu'un mur. Un fossé. Que je suis incapable de franchir ou de traverser. Alors, quel choix me reste t'il, si ce n'est fuir  tout ce qui rend ma vie aussi désagréable ? Parce que je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais il suffit d'un problème un peu épineux pour que tout soit entaché, même ce qui, jusque là, faisait votre fierté ....

Je sais bien que tout ceci n'est que temporaire. Que je suis dans une impasse simplement parce que je ne connais pas encore le moyen de m'en sortir mais que ça viendra bien un jour. Que même si mes ressources actuelles ne permettent pas de résoudre immédiatement le problème, je peux toujours commencer à chercher un moyen d'y arriver. Pourtant, ce n'est pas ce que je fais. Non. Moi, je préfère faire l'autruche et éviter toutes les situations qui me mettent mal à l'aise. Et m'évader dans ma tête en me disant que si je laissais tout derrière moi en l'état, mes problèmes ne me suivront pas. Et si on rajoute à ça, l'espoir naïf, que, pouf, comme par magie, une fois sortie de mon environnement naturel, je développerais instantanément toutes les compétences qui me manquent pour enfin démolir ce mur qui m'emprisonne....

C'est résolument du grand n'importe quoi.

Je vais vous la faire courte. J'ai envie d'augmenter notre niveau de vie et donc de gagner plus d'argent, pour que les fins de mois ne soient plus aussi prise de tête. Pour cela, il faudrait que je travaille. Sauf que, depuis ma misérable aventure dans le salariat, le travail et tout ce qu'il y a autours est devenu d'une difficulté sans nom pour moi ( moralement et physiquement) . Je veux travailler. J'ai besoin de travailler. Je ne peux pas travailler. Mur. Problème. Souffrance. Parce que c'est bien lorsqu'elle nous empêche de répondre à un besoin qu'une difficulté devient souffrance ... Je vais le dire très vite, parce que c'est très dur mais oui, je souffre de ne pas (ou de ne plus) pouvoir aborder le travail sans angoisser, sans paniquer, sans me rendre malade,  car cela m'empêche d'atteindre le niveau de vie que je souhaite pour moi et pour mon couple.

Finalement, je ne sais pas si l'évitement est réellement le chemin de la facilité. Car si je trouvais en moi les moyens de surmonter mon ergophobie, je pourrais enfin assouvir ce besoin qui me ronge ( celui d'être plus à l'aise financièrement et donc d'être plus libre)  et, par le fait même, je rendrais enfin ma vie plus satisfaisante et agréable ... Comme on dit,lorsqu'on refuse de faire face au problème, on accepte ( plus ou moins) qu'il demeure inchangé. Les problèmes ne se règlent jamais seuls. Donc, si j'évite de m'y attarder et si je ne mets rien en oeuvre pour le résoudre, mon problème ne disparaîtra certainement pas ... C'est, d'ailleurs, dans cet optique que j'ai accepté de faire mon service civique. Je voulais traiter le mal par le mal. Finalement, malgré quelques difficultés, l'expérience à été très positive. Mais cela ne m'a pas guérie et je suis toujours aussi mal quand tout ce que j'entreprends dans la recherche d'emploi devient concret ...

De fait, je suis complètement larguée. Je n'arrive pas à me raisonner. Ou plutôt même en me raisonnant, je suis morte de trouille ( au point de ne même plus être capable d'envoyer des lettres de motivation pour des postes qui me motivent et m'intéressent sans faire de crise d'angoisse). J'ai beau lister mes connaissances, mes compétences, mes atouts pour le travail en question, j'ai toujours aussi peur de ne pas être à la hauteur, de faire des erreurs, de me retrouver exclue par mes collègues, de subir les pressions de la hiérarchie, bref, de retomber dans la spirale infernale qui a été la mienne durant cinq longues années, avec toutes les conséquences néfastes que cela a eu sur moi, ma santé, mon psychisme ...

Je sais bien que c'est l'expérience qui permet le changement. Qu'il n'y a qu'en me confrontant, encore et encore, à ce qui me fait peur que je parviendrais peut-être à m'en sortir. Mais j'ai l'impression que mes efforts pour résoudre tout cela me conduit toujours dans une impasse ... Pourtant, j'aimerais vraiment trouver un moyen de ne plus me retrouver paralyser par l'angoisse et avancer, sereinement pour une fois, dans le marché de l'emploi.

Et vous ? Comment réagissez-vous devant les problèmes ? Fuite ? Défi ? Connaissez-vous l'ergophobie ? Quelles sont vos phobies ? Comment les avez-vous résolues ? Dîtes moi tout.

14 commentaires:

  1. J'avais le même souci que toi au début pour être payée à sa juste valeur.
    Mais depuis l'année dernière, je travaille beaucoup sur mon mindset et ma relation à l'argent et depuis mes revenus augmentent de plus en plus parce que que 1/ je me libère de mes croyances et de mes blocages 2/ je fixe des prix plus élevés et je montre que si mes clientes veulent plus, elles doivent payer plus parce que c'est normal!
    Savoir être claire avec nous-même et fixer des limites à nous et aux autres, ça aide à se sentir à sa place dans son entreprise et à le faire grandir!
    Pour le mindset, je te conseille vivement le blog de Denise Duffield Thomas et son livre "get rich lucky bitch" que je recommande toujours à ma communauté!

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    1. Je sais Aline, je fais partie de ta communauté haha. Mais c'est pas si simple que cela, en tout cas , pour moi ... On me dit toujours " trop cher, pas le budget". Voilà. Et comme je ne peux pas descendre mes tarifs .... les clients filent sur les plateformes de rédaction et autres services discounts où ils auront un service à 30 euros. Donc ... je ne sais pas comment réagir face à ça, ni comment me positionner ...

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  2. Je ne sais trop que dire. Moi, je suis du genre à trop en faire. C'est aussi une sorte de fuite. Une fuite en avant. Quand je me sens démunie, je vais avoir tendance à foncer dans un plus de travail, à faire des heures supplémentaires, à accumuler les activités... A faire un maximum de choses et à m'épuiser , tout plutôt que de m'arrêter sur le problème en question. On a tous nos stratégies : ceux qui se voilent la face, ceux qui font l'autruche, ceux qui, comme toi, veulent tout laisser tomber, les gens comme moi ...

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    1. En effet, on a tous nos manies pour gérer les situations inconfortables ... Mais chez moi, cela devient récurent et ça m'agace ...

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  3. Quel billet, j'ai eu le cœur serré en te lisant, on sent bien que ça ne va pas fort... Je ne savais pas que ça existait, l'ergophobie, mais effectivement, ça doit être la plaie , surtout dans cette société où le travail est sur toutes les bouches ... Je te dirais simplement que, si tu sens que ça en vaut la peine, que ce n’est qu’une mauvaise phase, ça vaut peut-être le coup de foncer plutôt que de fuir mais que si tu ne t’en sens pas capable, c’est pas grave ! Ce n’est peut-être pas le moment pour toi ... Courage ma jolie !

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    1. Ah ça ... va donc expliquer que tu es phobique du travail. Les gens se marrent. Ou alors il te regarde comme si un troisième œil venait te pousser au milieu du front ...

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  4. L'envie de fuir mes responsabilités pour me sentir plus légère. C'est une constante en période de moins bien. Mais ça finit toujours par passer.
    Bon courage

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    1. Oh, tu sais, les responsabilités, je m'en fixe un minimum. Parce que ça m'angoisse. Choisir, décider ... tout ça est très difficile pour moi. On me dit souvent que c'est une réaction infantile ...mais moi je préfère dissimuler au maximum mes potentielles failles et ne pas trop m'exposer ...

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  5. Je compatis, je connais ça... J'espère que tu vas réussir à passer ce cap difficile en trouvant une solution qui te convienne. Courage !

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  6. Ma mère me dit toujours ...Si aucune solution n’apparaît, après avoir réfléchi sereinement, et essayé de résoudre les choses grâce aux moyens en notre possession, le mieux est de laisser de côté ce que l’on ne peut pas résoudre et d’aller de l’avant...

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    1. Oui, sans doute mais quand ton problème à des répercussions sur d'autres personnes que toi-même, c'est plus facile à dire qu'à faire ...

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  7. Je suis dans la fuite aussi. Un jour, j'ai même disparue. J'ai tout quitté, largué les amarres ...Je suis partie pendant 6 mois. Puis je suis revenue. C'était devenu une nécessitée vitale. On a l'impression que cela va tout régler, mais, au final, si on échappe durant un temps aux pressions qui nous ont poussées à partir, la fuite amène avec elle d'autres problèmes qu'on n'envisage pas ... Ma mère, par exemple, n'a jamais pu comprendre et accepter que je coupe le lien aussi brutalement et, depuis, je n'existe plus pour elle. Maintenant, je suis beaucoup plus prudente quand je sens un besoin irrépressible de partir ... parce que si on pense gagner au change, il se peut aussi qu'on y perde énormément ...

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    1. Quelle situation difficile ... Je compatis, parce que j'ai moi aussi envie de larguer les amarres, comme tu dis ... Courage !

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