dimanche 27 août 2017

Un jour ... j'arrêterais de me battre contre des moulins à vent.

Grace upon grace 's photography


Après les dents de scie, on passe au moral dans les chaussettes.

Oui, je vous le dis tout de go, cet article ne sera pas un concentré de positivisme, de motivation et de relativisme.

Pour être franche, j'en ai même les larmes aux yeux de vider mon sac sur cette feuille.
Je suis à fleur de peau. Je suis fatiguée. Je suis las. Et surtout, je suis en colère ...

Finalement, je n'ai pas réussi à obtenir un statut social pour mon entreprise. La société de portage salarial que j'avais contacté à refusé mon dossier, mon entreprise ne me permettant pas de générer assez de CA (selon le prévisionnel mais je veux bien le croire, vu les chiffres demandés) pour intégrer la structure. On m'a fait - gentiment , mais tout de même - comprendre que mon secteur de niche n'était pas porteur, que mon public cible n'était pas réceptif à ce genre de prestations et que je ne m'en sortirais jamais financièrement. Bon. Même topo du côté de la coopérative, des charges élevées et des conditions peu satisfaisantes pour moi ( quand on vous dit que vous ne toucherez pas de salaire pendant x mois pour vous constituer une réserve, ça fait quand même grincer des dents ..) . Quand au micro-entrepreneuriat, c'est le passage obligatoire au RSI, cette "catastrophe industrielle" pour la Cour des comptes, qui à mit le hola, ces gens là n'étant pas reconnu pour faciliter le remboursement des frais de santé ... et avec près de 250 euros de frais de cette nature par mois, je ne peux pas vraiment me permettre de subir le bon vouloir d'un organisme...

Me voilà donc avec mon projet tué dans l’œuf puisque pas de statut, pas de siret et pas de siret, pas de facturation, pas de facturation ... Vous connaissez la musique. Que me reste t'il alors ? Le retour au salariat ... Seulement, de ce point de vue là, les choses n'ont pas beaucoup évoluées. Elles ont même plutôt empirées. Avec la suppression des contrats aidés, notamment. Pour certains, c'est une bonne chose. On les dit « coûteux » et « inefficaces dans la lutte contre le chômage ». Peut-être. Mais pour moi, travailleuse handicapée, c'est encore une épine dans le pied. Et je vais vous dire pourquoi.

Les contrats aidés visent à favoriser l’emploi des personnes qui rencontrent des difficultés d’accès au marché du travail. Quand on ne peut pas faire un temps plein, quand on a un protocole de soins médicaux à suivre, qu'on ne peut pas porter de charges lourdes, rester debout trop longtemps, et que notre maladie noue cloue parfois au lit pour des durées indéterminées, oui, on a des difficultés d'accès au marché du travail, comme ils disent. Et je ne parle même pas des employeurs frileux qui ne veulent pas s'encombrer d'un salarié handicapé, ou de ceux qui vous évincent directement du processus de recrutement sans même vous avoir rencontré, juste parce qu'ils se sont imaginés des trucs à votre sujet ...

En France, en 2015, 44 000 personnes handicapées ont bénéficié de cette mesure, d’après la Dares, soit 10 % de l’ensemble des contrats aidés signés en France. Quand on sait en plus que, toujours selon la Dares, 64 % des recrutements dans le secteur non marchand n’auraient pas eu lieu en l’absence de l’aide, je veux bien qu'on m'explique en quoi les contrats aidés ne sont pas un outil d'insertion professionnelle efficace .... Pour ces 44 000 personnes, comme pour moi, les contrats aidés étaient une des seules sources d'emploi. La France ne croule pas sous les offres à temps partiel sauf si votre ambition en matière d'emploi est de distribuer des prospectus ou de recruter des donateurs.

Franchement, si la situation n'était déjà pas bien brillante auparavant, elle est en passe de devenir vraiment pénible. Je me sens à bout de ressources. Pire, j'ai même l'impression d'être un boulet. Pourtant, je sais bien que je n'ai rien à me reprocher. On m'a même affirmer " que je ne pouvez rien faire de plus, vous avez fait tout ce qui est humainement possible de faire dans ces conditions." Et c'est censé me réconforter ? Avoir la conscience tranquille n'a jamais aidé à payer les factures ni à augmenter notre niveau de vie ... C'est vrai que j'ai déjà fais beaucoup. Demande de formations non accordées, recherche d'emploi active, bilan en tout genre,j'ai continué de me former via le Cned , des livres et des moocs,  j'ai même retravailler mon cv et ma lettre de motivation avec une employée dans les RH, j'ai essayé de me mettre à mon compte, on ne peut pas dire que j'ai ménagé mes efforts pour gagner mon pain quotidien alors même que l'Etat ne m'aide d'aucune façon ...

L'autre jour, une amie à qui je dressais cette situation au vitriol, m'a demandé pourquoi je continuais de m'infliger ça. Pour elle, si je ne dois rien à l'Etat, je peux très bien décider de rester à la maison et décider d'arrêter cette course effrénée. La question étant : pourquoi vouloir à tout prix s'intégrer dans une société qui ne veut manifestement pas de toi ? Je pourrais très bien, en effet, rester chez moi, assurer l'intendance quotidienne, m'engager dans une association ( et faire ma part sociale ainsi) , me consacrer à mes loisirs, à ma famille vieillissante ...

J'avoue que j'ai longtemps méditer sur cette question.
Finalement, ce qui en est ressorti, ce sont des questions de loyauté.

La première concerne mon homme. Je n'aime pas l'idée d'être un poids pour lui. Je n'aime pas qu'il se sente frustré par le manque de finances alors qu'il travaille comme un dingo 39 heures par semaine. J'ai envie qu'il puisse profiter de ce qu'il gagne, sans toujours être derrière pour lui coller un avertissement sur l'état du relevé de comptes, je n'aime pas l'idée que ce soit moi qui soit à l'origine de cette situation alors que si je travaillais , je pourrais mettre un peu de beurre dans les épinards ... Je n'aime pas dépenser de l'argent dans des choses "futiles" ( livres, bijoux, vêtements ...) qui me font plaisir alors que c'est lui qui trime pour me les payer ... Et je n'aime pas non plus que tout nos projets soient toujours en stanb-by par manque d'argent. En vérité, il y a toujours au fond de moi cette peur viscérale qu'il en ai marre de cette situation, qu'il me la reproche et qu'il finisse par me quitter. Alors, par respect pour lui et tous les efforts qu'il fait au quotidien, je me sens bien obligée de faire le maximum de choses pour faire évoluer la situation de manière positive ...

La seconde concerne ma mère. Ma mère souffre du même type de maladie chronique et invalidante que moi. Elle l'a déclaré quand elle avait environ mon âge mais n'a été diagnostiqué que très tardivement. Pour autant, ma mère à toujours minimisé l'impact de sa maladie sur notre quotidien. Idem dans son travail. Même aujourd'hui, alors que la maladie est de plus en plus pénible et envahissante, elle continue de faire son trajet quotidien, d'assurer ses heures de cours , debout. De grimper les étages de son bahut, le dos en vrac. Et ne s'arrête que lorsqu'elle ne tient plus debout. Et encore. Parfois, elle y va en rampant mais elle y va quand même. Et quand on la somme de ralentir le rythme, elle refuse, pour l'argent bien sûr mais aussi pour nous, pour "nous filer un petit coup de pouce" comme elle le dit si bien. Je ne vois pas comment, alors que ma mère prend ainsi sur elle pour assurer son poste et pour nous faciliter la vie, je pourrais moi, décider de rester à la maison sans travailler. C'est impossible. Déjà que je culpabilise de me dire que si elle refuse de ralentir le tempo, c'est à cause de moi qui ne suis pas autonome financièrement ... Je ne pourrais plus me regarder dans la glace si je décidais de rester à la maison ...

Pourtant, je suis fatiguée. Démotivée. Et mon envie de voir cette situation comme un défi n'y change rien. Cela fait trois ans que je galère de la sorte. Que l'on me claque les portes au nez. Que je suis celle qui " malgré son profil intéressant et des compétences professionnelles certaines " ne décroche pas le poste. Celle qui reste dans les archives, au cas où un hypothétique poste viendrait à être créé. Celle qui fait peur de par son handicap ou son profil atypique. Celle à qui il manque toujours quelques choses ( de l'expérience, des heures ...) pour qu'on lui apporte de l'aide.

Finalement, mon amie a peut-être raison. Peut-être ai-je tort de m'entêter de la sorte. Peut-être que je n'arriverais jamais à trouver de statut qo. Parfois, malgré toute notre bonne volonté, un problème ne peut plus s'assimiler à un défi. J'aimerais pourtant. Voir dans cette situation une opportunité pour évoluer. Mais je ne sais même pas vers quoi. J'ai déjà pris des dizaines de chemins et ils se sont tous fini sur des champs de ronces. Alors je pourrais aussi bien poser mes fesses là et tenter de construire quelque chose avec ce qui se trouve autours de moi.

Et vous ? Arrivez-vous à transformer vos problèmes en défi ? Comment abordez- vous les choses quand une situation semble insoluble ? Quels sont les choses ( croyances, conflits ..) qui vous empêchent d'aborder vos problématiques sous des angles nouveaux ? Comment faîtes vous pour gérer les situations de crise qui impactent également vos proches ? Dîtes moi tout.








jeudi 3 août 2017

Un jour ... je ne fuirai plus.




Bookend's & Daisies's Photography 




En ce moment, mon moral est en dent de scie.

Les choses ne se déroulent pas  comme je le voudrais. Je commence à douter de la pérennité de mon entreprise. Après tout, comment pourrais-je à peine me dégager un smic, sachant que je suis à 50% de charges sur mon CA, et que je ne vends que deux ou trois prestas à 40 euros, par ci, par là ... envolée ma belle assurance des débuts. On me demande toujours plus (de services, de temps) pour toujours moins ( d'argent) et parfois, j'en arrive à me dire que je travaille à perte. A côté de ça, je ne mets pas de beurre dans les épinards, le trou de trésorerie se creuse( il faut sortir beaucoup d'argent quand on créé sa boîte et ça personne ne vous le dit), mon homme se tue au boulot ( sans vouloir faire de mauvais jeu de mots) et moi je culpabilise de ne pas pouvoir lui adoucir un peu la vie.

Et comme à chaque fois que je me trouve acculée dans une situation : j'ai envie de fuir. De prendre mes clics et mes clacs et de partir. Plus ou moins loin. Plus ou moins longtemps. De manière plus ou moins radicale. Parfois, je me fais un film. Un film où je ferrai ma valise, la sienne, on partirait, on tracerait la route puis on se poserait où le cœur nous en dit, là où on ne connait personne, là où on n'a pas de passif, là où on pourrait être des gens tellement différents si on en avait envie, là où on n'aurait plus d'étiquettes et où on serait libre de s'inventer une vie, forcément bien plus réussie que la précédente.

Je sais bien que les difficultés sont une réalité de la vie, qu'elles ne sont pas optionnelles. Mais plutôt que des les fuir, j'aimerais savoir y faire face.

Parce que je sais bien, au fond, que peu importe la difficulté à laquelle nous sommes confrontés, nous avons toujours le choix entre la concevoir comme un mur infranchissable ou l'aborder comme un défi à relever. En théorie. Dans mes discours, c'est ce que j'affirme. Dans mes pensées, c'est ce que je me persuade de croire. Mais en vérité, dès que je me sens à bout de ressources, quand je ne sais plus par quel bout prendre le problème, quand je perds pieds, alors il n'est plus question de défi à relever. Il n'y a qu'un mur. Un fossé. Que je suis incapable de franchir ou de traverser. Alors, quel choix me reste t'il, si ce n'est fuir  tout ce qui rend ma vie aussi désagréable ? Parce que je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais il suffit d'un problème un peu épineux pour que tout soit entaché, même ce qui, jusque là, faisait votre fierté ....

Je sais bien que tout ceci n'est que temporaire. Que je suis dans une impasse simplement parce que je ne connais pas encore le moyen de m'en sortir mais que ça viendra bien un jour. Que même si mes ressources actuelles ne permettent pas de résoudre immédiatement le problème, je peux toujours commencer à chercher un moyen d'y arriver. Pourtant, ce n'est pas ce que je fais. Non. Moi, je préfère faire l'autruche et éviter toutes les situations qui me mettent mal à l'aise. Et m'évader dans ma tête en me disant que si je laissais tout derrière moi en l'état, mes problèmes ne me suivront pas. Et si on rajoute à ça, l'espoir naïf, que, pouf, comme par magie, une fois sortie de mon environnement naturel, je développerais instantanément toutes les compétences qui me manquent pour enfin démolir ce mur qui m'emprisonne....

C'est résolument du grand n'importe quoi.

Je vais vous la faire courte. J'ai envie d'augmenter notre niveau de vie et donc de gagner plus d'argent, pour que les fins de mois ne soient plus aussi prise de tête. Pour cela, il faudrait que je travaille. Sauf que, depuis ma misérable aventure dans le salariat, le travail et tout ce qu'il y a autours est devenu d'une difficulté sans nom pour moi ( moralement et physiquement) . Je veux travailler. J'ai besoin de travailler. Je ne peux pas travailler. Mur. Problème. Souffrance. Parce que c'est bien lorsqu'elle nous empêche de répondre à un besoin qu'une difficulté devient souffrance ... Je vais le dire très vite, parce que c'est très dur mais oui, je souffre de ne pas (ou de ne plus) pouvoir aborder le travail sans angoisser, sans paniquer, sans me rendre malade,  car cela m'empêche d'atteindre le niveau de vie que je souhaite pour moi et pour mon couple.

Finalement, je ne sais pas si l'évitement est réellement le chemin de la facilité. Car si je trouvais en moi les moyens de surmonter mon ergophobie, je pourrais enfin assouvir ce besoin qui me ronge ( celui d'être plus à l'aise financièrement et donc d'être plus libre)  et, par le fait même, je rendrais enfin ma vie plus satisfaisante et agréable ... Comme on dit,lorsqu'on refuse de faire face au problème, on accepte ( plus ou moins) qu'il demeure inchangé. Les problèmes ne se règlent jamais seuls. Donc, si j'évite de m'y attarder et si je ne mets rien en oeuvre pour le résoudre, mon problème ne disparaîtra certainement pas ... C'est, d'ailleurs, dans cet optique que j'ai accepté de faire mon service civique. Je voulais traiter le mal par le mal. Finalement, malgré quelques difficultés, l'expérience à été très positive. Mais cela ne m'a pas guérie et je suis toujours aussi mal quand tout ce que j'entreprends dans la recherche d'emploi devient concret ...

De fait, je suis complètement larguée. Je n'arrive pas à me raisonner. Ou plutôt même en me raisonnant, je suis morte de trouille ( au point de ne même plus être capable d'envoyer des lettres de motivation pour des postes qui me motivent et m'intéressent sans faire de crise d'angoisse). J'ai beau lister mes connaissances, mes compétences, mes atouts pour le travail en question, j'ai toujours aussi peur de ne pas être à la hauteur, de faire des erreurs, de me retrouver exclue par mes collègues, de subir les pressions de la hiérarchie, bref, de retomber dans la spirale infernale qui a été la mienne durant cinq longues années, avec toutes les conséquences néfastes que cela a eu sur moi, ma santé, mon psychisme ...

Je sais bien que c'est l'expérience qui permet le changement. Qu'il n'y a qu'en me confrontant, encore et encore, à ce qui me fait peur que je parviendrais peut-être à m'en sortir. Mais j'ai l'impression que mes efforts pour résoudre tout cela me conduit toujours dans une impasse ... Pourtant, j'aimerais vraiment trouver un moyen de ne plus me retrouver paralyser par l'angoisse et avancer, sereinement pour une fois, dans le marché de l'emploi.

Et vous ? Comment réagissez-vous devant les problèmes ? Fuite ? Défi ? Connaissez-vous l'ergophobie ? Quelles sont vos phobies ? Comment les avez-vous résolues ? Dîtes moi tout.