mardi 11 juillet 2017

Un jour ... j'apprivoiserais l'incertitude.


Bookends &Daisies'sPhotography 


Je suis une maniaque du contrôle. J'aime avoir la main mise sur tout. J'aime organiser, planifier, avoir un plan a,b,c. Je n'aime pas l'imprévu, je n'aime pas les changements, cela m'angoisse et me perturbe. Je n'aime pas quand la situation m'échappe. Et je n'aime pas non plus les émotions que cela réveille en moi. Je n'aime pas cette colère et cette frustration qui grandissent en moi quand les choses ne se passent pas selon mon désir, je n'aime pas cette panique et cette peur primaire qui s'empare de moi quand je me rends compte que je ne peux rien changer à une situation (qui en générale ne me convient pas).

Pourtant, si la vie mérite un qualificatif c'est bien celui d'être incertaine.

L'incertitude est partout.

Elle domine notre vie entière. Est-ce que mon couple va durer jusqu'à ce que la mort nous sépare ? Est-ce que ma société va connaître le succès ? Est-ce qu'on sortira un jour la tête de l'eau financièrement ? Est-ce que je dois vraiment arrêter de manger du chocolat pour être heureuse ? D'ailleurs qu'en est-il de la guerre ? des terroristes ? du changement climatique ? (...).

Je déteste ne pas avoir de réponse à des situations aussi complexes. Je préférerais fermer les yeux et me boucher les oreilles ou pouvoir seulement me concentrer sur toutes les choses positives qui se passent dans ce bas monde mais non, c'est impossible. C'est trop difficile d'accepter de ne pas savoir comment les choses vont tourner. J'aime quand tout est clair et logique. Je préfère les risques calculés que les incertitudes incalculables. J'ai l'impression de moins me faire avoir lorsque cela ne fonctionne pas.

Pourtant, je doute de la rationalité de mode de pensée.

Peut-être que l'inconnu et l'incertitude nous sont plus favorables que les risques calculés ? Qui sait ...

Une amie, bouddhiste, me disait l'autre jour (quand je lui parlais de mes réserves sur le succès de ma petite entreprise) que je ne devrais pas avoir d'attentes, aucun espoir particulier et que si j'essayais juste d'adopter un regard curieux et serein sur l'avenir alors j'aurais moins de chance d'être déçue, d'être malheureuse et donc de souffrir de cette incertitude.

Sa phrase préférée ? " On verra bien".

J'ai longtemps cogité sur cette idée. Celle d'apprivoiser l'incertitude. Moi aussi je veux pouvoir dire " on verra bien " en le pensant vraiment. Moi aussi j'ai envie de poser un regard serein et confiant sur l'avenir. De l'aborder avec curiosité et non plus avec peur et doutes. Accepter que dans chaque décision il y a un peu d'incertitude et, qu'à moins d'être médium, personne ne sait ce que l'avenir lui réserve. Je me suis donc mise en quête d'un moyen de répondre à cette incertitude ( je maintiens qu'il vaut mieux être actif que passif, quelque soit le problème que l'on rencontre).

C'est  donc décidé : je ne me laisserais plus paralyser ou décourager par l’incertitude.

Car peu importe le nombre d’informations je pourrais avoir sur une décision à prendre, force est de constater que je n’aurais jamais une image complète.

C'est impossible.

Même un cerveau comme le mien, pourtant ultra efficient, ne possédera jamais la connaissance parfaite. Et si j'attends d'avoir toutes les cartes en main pour abattre mon jeu, je risque bien de manquer encore pleins d’opportunités.

Vous savez ce que mon amie m'a dit quand je lui ai demandé conseil pour mon entreprise ?

Qu'on ne peut pas obtenir toutes les réponses des livres, des films, ou d’autres personnes et que, parfois, on doit juste se contenter de faire les choses pour apprendre et grandir, même si les événements ne se déroulent pas comme on l'aurait voulu ou prévu.

Quand je lui ai demandé de développer, elle m'a racontée cette petite histoire :

"Tu pourrais comparer cela au sentiment de cet homme qui regarderait le sommet de l’Everest avant la montée. Au fond, il sait qu’il peut faire l’ascension; mais il est rempli de doutes et d’incertitudes. La montagne n’est pas le véritable défi, mais la peur oui."

Et c'est vrai. Mon défi, ce n'est pas de réussir à faire décoller mon entreprise. C'est de vaincre ma peur de me planter et d'échouer. Vaincre ma peur. Apprivoiser l'incertitude. Chasser le doute. Avoir la foi. Prendre pleine possession de mes ressources et mes talents pour être plus forte et devenir tout ce à quoi j’aspire.

Alors, dorénavant,  au lieu de me soucier de ce qui est hors de contrôle, je me contenterais de :


  • Faire preuve de créativité dans mon travail et dans ma vie personnelle. 
  • Aimer les personnes les plus proches de nous (parce qu'on est là pour ça non ? L'amour.)
  • Traiter mon entourage (proche et élargi) avec gentillesse, bienveillance et compréhension (ou du moins essayer !) 
  • Apprendre, toujours apprendre, explorer, tester de nouvelles choses et continuer d'être curieuse du monde et des personnes qui m'entourent. 



Parce que si je ne peux pas déjouer les plans des terroristes, ni reformer la banquise, ni trouver du travail pour chaque chômeur en France, je peux encore avoir un impact positif en choisissant d’offrir le meilleur de moi-même à ceux qui m'entoure. Et bien que je n'aurais sans doute pas d'impact significatif sur le monde, j'aurais enfin un impact sur le mien et ça sera déjà bien .

Et vous ? Comment vivez-vous l'incertitude ? Quelles émotions provoque t'elle en vous ? L'avez-vous apprivoisée ? Avez-vous réussi à lâcher prise ? Si oui, par quelles méthodes ? Si non, que souhaiteriez-vous faire pour ne plus la subir ? Dîtes moi tout !



































12 commentaires:

  1. Merci pour cet article. En particulier ce passage : "Mon défi, ce n'est pas de réussir à faire décoller mon entreprise. C'est de vaincre ma peur de me planter et d'échouer. Vaincre ma peur. Apprivoiser l'incertitude. Chasser le doute. Avoir la foi. Prendre pleine possession de mes ressources et mes talents pour être plus forte et devenir tout ce à quoi j’aspire."
    Cela fait 20 ans que régulièrement dans les périodes de doutes et de remise en question globale, je me répète cette phrase extraite de "Dune" (roman SF de Frank Herbert adapté au cinéma par David Lynch): "la peur est la petite mort de l'homme". J'ai beau le savoir, entre la peur paralysante et la culpabilité insidieuse dont les femmes sont les principales victimes, j'ai du mal à m'en sortir. Je crois que mon amoureux m'a un peu appris à relâcher la pression que je m'impose toute seule. Mais trop peu encore. Je gère un peu mieux l'imprévu. Mais pas assez bien encore. Tout ce qui ne rentre pas dans mes plans me contrarie.
    En tout cas, je te souhaite de réussir à t'extraire de cette gangue qui nous enchaine. A bientôt, Virginie

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    1. Oh, des périodes de doutes et de remise en question, j'ai l'impression que ça fait dix ans que je ne vis que ça ! Avec très souvent un gros raz-le bol qui me donne envie de changements radicaux ... mais je sais aussi que l'herbe n'est pas forcément plus verte ailleurs et qu'une situation n'est jamais en tout point idéale ... il m'a fallut pas moins de 2 ans pour comprendre ça, je ne sais pas combien de temps il me faudra pour changer mes habitudes et mes conditionnements ...

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  2. ALors oui, j'ai bcp été comme toi, et il en reste encore, toutefois, par le biais d'une formation que j'ai eu par mon job, le psycholoque nous as fait comprendre qu'il ne fallait pas toujours vouloir tout maîtriser et quo'n ne le pouvait pas, donc qu'il fallait se concentrer ce sur quoi on pouvait agir. Exemple bête, ton moral est à 0 parce qu'il pleut, déjà tu n'y peut rien car tu ne fait pas la pluie et le beau temps, ensuite, trouve autre chose à faire en cas de pluie ;-)

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    1. Le problème (pour moi); c'est que j'ai l'impression que je ne sais pas rebondir. Si le plan A tombe à l'eau et que je n'ai pas songé à un plan B longtemps à l'avance, je me trouve complètement déboussolé, je suis perdue, ça traîne et au final, ça n'abouti sur rien. J'ai l'impression de perdre un temps fou à recalculer mes trajectoires et ça m'énerve car je sais que chaque minute de vie est un cadeau ...

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  3. J'aime la sagesse de ton amie et le fait de vaincre la peur qui est le véritable défi me parle!
    En général, je me focalise sur le présent et je fais tout de mon possible là maintenant pour créer un meilleur demain!
    J'ai aussi cette citation d'une BD De Picsou acrochée à mon mur: "Lorsque tout est prévu, ce n'est plus la vie! Au contraire, lorsque rien n'est écrit, tout est possible."

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    1. Oui, c'est mon maitre zen à moi !
      Chouette citation ! Mais c'est un concept vraiment difficile à intégrer ...

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  4. De mon côté, j'essaie de prendre les jours comme ils viennent sans trop me focaliser sur le "après" car il n'y a aucunes garanties dans la vie. Mais c'est vrai que c'est compliqué. Parfois, pour relativiser, je me dis " et si demain, tu te faisais renverser par une mini-cooper en promenant tes chiens , est-ce que tout ceci aurait encore la moindre importance ?" ... Cela m'aide à retrouver le calme, bizarrement. Du coup, je préfère faire mon maximum chaque jour pour être en adéquation avec la personne dont je veux qu'on garde le souvenir. Et depuis, y a pleins de choses qui me passe très largement au-dessus de la tête x)

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    1. Carrément, une mini-cooper ;D
      Non mais tu as raison, il vaut mieux qu'on fasse de notre mieux à l'instant t car comme tu le dis si bien, il n'y aucunes garanties dans la vie. Tu relativises sur quoi, du coup ?

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  5. Mon conseil pour apprivoiser l'incertitude ? Il m'a été donné par mon prof de pratique. Plus on est dans le détail, moins on agit. En se focalisant sur chaque point on doit réfléchir deux fois plus longtemps et l'envie de passer à l'action s'amoindrit.En se concentrant sur chaque détail ont fini par ne percevoir que des points négatifs qui incitent à l’immobilisme...Tu as raison de vouloir être active.La peur l’emporte toujours sur la réflexion, c’est pourquoi il est nécessaire de passer rapidement à l’exécution de ce que l’on veut accomplir. Depuis que je réfléchis moins, je doute moins, j'agis plus, j'ai moins peur ... bref, un véritable cercle vertueux c'est mit en place !

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    1. Merci pour ton commentaire ! :)
      En effet, l'action est sans doute le meilleur remède. Le souci vient quand on agit et qu'on a l'impression qu'on rame à contrecourant avec une petite cuillère ... Parfois, on a beau être actif, les résultats n'arrivent pas ...

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  6. Moi je ne trouve pas que ce soit l'incertitude qui soit dure à gérer ... Plutôt tous les Cassandre du quotidien qui passent leur temps à te freiner dans tes projets , en jouant sur les cordes sensibles pour te culpabiliser. Moi aussi, j'ai des inquiétudes concernant mon projet pro mais j'accepte de faire avec l'incertitude et j'accepte aussi que peut-être ça ne marchera pas ... mais j'en ai un peu raz-le-bol de toutes ces personnes toxiques qui critiquent mes choix et qui essayent de m'en dissuader ...

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  7. Moi je suis comme toi. Il me faut aussi dix plans de rechange et une montagne de certitudes avant que je puisses me décider, ce qui n'arrive quasiment jamais, de fait. Mais je travailles aussi dessus. J'essaye de faire quelque chose de nouveau chaque semaine pour m'habituer à prendre un risque sans stresser à mort. Une nouvelle recette, une nouvelle couleur de vernis, un nouveau style de musique ... Des petites choses qui me font comprendre que les choses nouvelles, le changement, ne sont pas forcément synonyme de douleur, de fiasco, mais plutôt d'épanouissement et de plaisir ...J'ai vraiment envie de voir l'incertitude comme quelque chose de normal et d'en tirer parti parce que pour le moment, ça m'handicape plutôt ...On verra bien, mais merci pour ce billet, je me sens moins seule !

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