mardi 6 décembre 2016

Un jour ... le télétravail ne sera plus marginal.



living-that-library-lifestyle:
“Giant cups of tea & a snug jersey are getting me through all this work 🙈 its freezing tonight🌛 might be going back to Uni tomorrow, we have had a shut down to protest for free education 😊
”
Bookends and daisies Photography 


Après mon bilan jeune, lorsqu'il fut décrété que le seul secteur d'activité professionnel conciliable avec ma maladie était celui de l'administratif, je n'étais pas spécialement convaincue.Notamment parce que le principal argument était qu'il puisse éventuellement ouvrir sur des postes télé-travaillés.

Je ne l'étais pas beaucoup plus quand ma conseillère mission locale me tannait pour reprendre des études par correspondance. Je n'étais absolument pas sensible à ses arguments. A l'époque, je ne voyais que les tracas financiers et l'isolement qui allait en découler.

Mes proches étant d'accord avec moi sur le sujet, j'étais certaine d'être dans le vrai.

Pourtant, que ce soit pour ma conseillère ML ( mission locale) ou ma conseillère BJ (bilan jeune), rester à la maison pour travailler était le meilleur moyen pour moi de concilier activité pro et les contraintes inhérentes à ma maladie ( fatigue, douleur, rendez-vous médicaux ...). Pour elles, c'était l'environnement le plus adapté. Pas de fatigue liée aux trajets, une certaine liberté d'organisation, que des avantages, en somme.

Je n'ai rien écouté et je me suis lancée bille en tête dans mon service civique. Le résultat étant que , même avec un contrat de 25 heures, j'étais épuisée, j'ai eu un mal fou à tenir un rythme, je faisais des siestes entre midi et deux, et je ne compte plus le nombre de fois où je suis restée clouée à la maison (notamment un mois durant des les fêtes de fin d'année. Youpi.).

Actuellement, je me tâte encore sur la direction à prendre. Je ne sais toujours pas si j'essaie de me dégoter un poste ou si je tente ma chance pour la reprise d'études. On va dire que je creuse les deux idées. Je postule à des offres qui me plaisent tout en restant à l’affût concernant les formations. A ceci près que je me rends bien compte  qu'il est très difficile d'harmoniser le cadre classique du "travail" ou des "études " à mes soucis de santé et que si je m’évertue à penser de façon "conventionnelle", je risque fort de courir d'échec en échec.

Fort heureusement, la manière dont j'envisage le télétravail et les études par correspondance à nettement évolué depuis. Je commence seulement à percevoir tout ce que mes conseillères se sont acharner à me faire comprendre, en vain.

Malheureusement, même si le télétravail semble être la clé à de nombreux soucis (et pas seulement les miens) en limitant le temps dans les transports, en limitant les risques psychosociaux, en permettant de mieux concilier vie privée et vie professionnelle et en offrant aux entreprises des bénéfices réels, notamment en matière d'absentéisme et de productivité ... la France est en retard sur la question. Il n'y a qu'entre 9 et 15% de télétravailleurs en France contre 20 à 30% dans les pays d'Europe du Nord.

En dehors de ses limites intrinsèques, comme le fait que certains métiers ne sont pas conciliable avec le télétravail, il y aussi le fait que cette organisation de l'activité demande de repenser et de réformer un certains nombres d'acquis. Bien souvent, les employeurs s'arrêtent à la complexité d'une telle réorganisation,  sans mesurer pleinement les avantages que cela offrirait à leur entreprise. Par ailleurs, les employeurs sont souvent frileux à l'idée de laisser leurs employés en totale autonomie.

Il y a également des craintes du côté "salarié".

L'isolement, l'exclusion de certaines opportunités professionnelle, la peur de ne pas s'avoir s'adapter à cette nouvelle organisation  ... car il est vrai que le télétravail a les avantages de son isolement, et les inconvénients de sa solitude. Il y a pourtant des façons très simples de faire disparaître ces freins. Comme le décret de février 2016 qui préconise certaines modalités de mise en oeuvre, comme le fait de limiter le télétravail à trois jours par semaine maximum ... Ou de cibler au mieux le personnel pouvant y prétendre, comme dans le Lot, où l'accès a été limités aux agents de la fonction publique territoriale travaillant à plus de 90% et sur une durée totale de 1.5 jour par semaine.

Le télétravail est protéiforme. Il convient donc aux entreprises et à leurs salariés de trouver celle qui leur convient au mieux. Pour qu'enfin, travailler signifie joindre l'utile à l'agréable.

Agréable. C'est bien ce qui ressort des bilans d'expérimentation menés par de nombreux organismes à propos du télétravail. En effet, les effets bénéfiques du télétravail seraient nombreux, tant pour les salariés que pour leur hiérarchie. Meilleures conditions de travail, efficacité plus importante, plus grande motivation, meilleure qualité de réponse aux dossiers soumis ...

Autant d'arguments en faveur d'une généralisation de cette pratique, qui reste pour le moment, bien marginale.


Et vous ? Que pensez vous du télétravail ? La panacée ou un miroir aux alouettes ? Une évolution sociétale enviable ou au contraire à éviter ? Quels seraient selon vous les avantages et les inconvénients d'une telle organisation ? Seriez-vous prêt à faire l'essai ou , au contraire, cela ne vous attire pas du tout ? Dîtes moi tout !







9 commentaires:

  1. Je suis navrée d'apprendre que tu souffres d'une maladie.
    Le télétravail, je trouve que c'est une super alternative pour les personnes ayant un handicap, les parents qui ont des difficultés à se libérer aux horaires "de bureau" ... Ca permettrait aussi aux femmes voilées d'avoir accès à l'emploi plus facilement ... etc.
    Ces derniers temps, j'ai eu l'occasion de télétravailler, environ 2 à 3 jours par semaine. Je trouve qu'il n'y a que des avantages. Sauf un : il faut pouvoir se gérer. Je n'ai aucun mal à bien travailler et à être organisée chez moi, mais j'ai du mal à m'y mettre .. Les grasses matinées sont tentantes, on se dit "je rattraperai plus tard" .. Heureusement, tout le monde n'est pas comme moi !

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    1. Oh, ben tu n'y peux rien, Rozie, c'est la vie, c'est ainsi ... Oui, en effet, c'est l'argument qui revient souvent quand on cherche des avis sur le télétravail. La tentation de procrastiser ...

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  2. Pour avoir tenté le télétravail, j'ai envie de dire ... . Tout n’est pas qu’amour et pyjamas en pilou-pilou dans ce dernier. Il faut être super motivé, organisé et puis ne pas se laisser facilement distraire. Parce que la tentation est partout. Niveau productivité, on va dire que c'est couci couça. Mais ce qui m'a le plus manqué, c'est l'absence de vie sociale. Du coup, j'ai repris le chemin du bureau ...

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    1. Bienvenue ici Tess !
      Merci de ton petit mot.
      Oui, sans aucun doute, cette méthode ne convient pas à tout le monde, comme le travail classique ne convient pas à tout le monde ...

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  3. Je pense, effectivement, que prendre ce nouveau rythme ne doit pas être évident. Il faut beaucoup de rigueur, d'autodiscipline, pour travailler chez soi, sans pour autant se laissé " bouffer" par son job ... Les limites entre privé et pro doivent devenir bien floues ...

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    1. Je pense qu'il existe des stratégies diverses pour éviter les écueils liés au télétravail mais comme tout changement de mode de vie, il ne doit pas être toujours évident, c'est vrai ...

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  4. Hello,

    J'avais fait un stage en télétravail pendant 6 mois, et je l'avais vraiment mal vécu : l'isolement, le fait de ne pas changer d'air...
    J'étais dans une situation de stress permanente car je n'arrivais plus à séparer travail du quotidien...

    Je pense que le travail est une bonne solution pour éviter la fatigue du quotidien (déplacements, transports en commun) mais je pense que ce n'est pas une solution adaptée à tout le monde.

    Après j'avais trouvé le juste milieu : 2 jours par semaine je rejoignais une collègue pour travailler ensemble, c'était bien plus motivant.

    En tout cas bon courage :)

    A bientôt

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  5. C'est un article intéressant. J'ai déjà entendu parler de ça par une amie, il y a peu ... C'est vrai que c'est tentant, de pouvoir organiser sa charge et son temps de travail quand on le souhaite, de pouvoir suivre son propre rythme ... mais je pense que le cadre de l'entreprise est rassurant pour la plus grande partie des gens. Et je suis d'accord avec Makiko. Quand tu as finis le boulot, dans un milieu classique, et bien, tu as vraiment fini, alors qu'à la maison, tu peux être tenté d'en faire trop ... Je trouve qu'il faut vraiment bien connaître ses forces et ses faiblesses avant de tenter une expérience du genre ...

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    1. Je pense aussi que c'est l'une des principales difficulté, que de cloisonner vie pro et vie privée.

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