mardi 20 décembre 2016

Un jour ... je poserais les bornes des limites.



life:
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Je n'ai jamais réussi à poser de limites.

Ni pour moi-même, ni pour les autres.

Je ne suis pas une extrémiste, du genre " il est interdit d'interdire " et je sais que ma liberté finie là où commence celle des autres. J'ai souvent du mal à me positionner entre celui qui veut élever les enfants sans contraintes, faire voler les règles sentimentales, travailler sans hiérarchie et celui qui veut revenir à l'autorité à l'ancienne, remettre les femmes à la maison, fermer les frontières ...

Je suis tantôt l'opprimée qui se rebelle contre la société, tantôt celle qui réagit aux rébellions en posant de plus en plus de limites. Parce que je n'aime pas contraindre.Parce que je n'aime pas être contrainte.Du moins, je n'aime pas l'autoritarisme, celui qui édicte des normes sans sens. Car je sais bien qu'il faut des règles, des limites,des lois, pour que l'on puisse tous vivre ensemble.

Je ne suis pas adepte des frictions, je préfère lâcher prise, je suis la pro du consensus. La majeur partie du temps. Je n'aime pas les limites que je ne trouve pas pertinentes, je n'assume jamais mes envies.Je passe un temps fou à me décider et souvent je plie à l'avis général. Je ne sais pas me dire non, ce qui explique pourquoi tout mes principes de restriction sont voués à l'échec, tout comme refuser une demande de mon homme ou exprimer mon désaccord n'est jamais chose aisée. Je passe mon temps à douter et à culpabiliser. Et finalement quand je dis non, car je sens que c'est la bonne décision, la réaction des autres me fais souvent regretter d'avoir eu cette opinion.

Depuis une année ou deux environ, j'ai un désir d'affirmation, j'ai envie de poser les bornes de mes limites. Ne plus me laissez piétiner, influencer. Alors je m'exprime. A tort ou à travers. Je le fais de plus en plus, parfois très violemment, mais cela me fait toujours me sentir mal.

Je n'aime pas être sur cette ligne de faille.

Je n'aime pas déplaire, je ne veux pas faire de la peine. Alors je prends sur moi, je donne un " oui " qui sonne comme un "non". Je passe sous silence les griefs, tâchant de faire bonne figure, mais tellement mauvaise comédienne que ça sonne faux. Je n'aime pas qu'on ai une mauvaise image de moi, quitte à me faire passer en dernier; je ne veux pas prendre le risque de les blesser,de les décevoir, de perdre leur amour ...

Toute forme d'opposition mènerait donc droit à l'abandon ?

Par peur d'être rejeté, exclue, je préfère me faire toute petite, me taire, me soumettre.Suivre le courant dominant, c'est essentiel, cela m'assure une place, même quand cela dessert mes intérêts , mon autonomie et mon épanouissement. La famille en premier. Parce qu'il n'y a que ça de vrai. Pour survivre, pour rester en sécurité, il vaut mieux filer doux, ne pas manifester de désaccord, ni s'opposer. La censure du "non" et l'"écrasement" de mon " je " au profit du "nous". L'effacement de mes bornes au profit de leurs limites ...

Les désaccords me font peur, car ils me font déborder émotionnellement.

Ils font sortir la violence que j'ai dans le cœur.Je réagis au quart de tour, sans très bien comprendre contre quoi ma colère est dirigée. J'explose intérieurement. Littéralement. Parfois, j'en deviens agressive.

Un désaccord est un conflit en devenir. Un terrain miné. En tout cas, chez moi.

Je ne peux pas exprimer une opinion contraire sans que cela finisse en pugilat. On ne m'entends pas, on n'écoute pas mes arguments, je n'arrive pas à imposer mon opinion, je m'énerve, je crie, je tempête, je suis bouleversée, je pleurs, je culpabilise, je sombre dans ce trop plein émotionnel qui me dévaste à chaque fois.

Au final, le silence et la validation sont des chemins bien plus sûrs, en tout cas, pour ma paix intérieure. Ma communication est défaillante.Il vaut mieux alors l'auto-censure ... même si je bouillonne intérieurement de ne pas savoir m'exprimer calmement et simplement. J'aimerais être comme ces gens qui traversent sereinement les situations difficiles. Ne plus alterner sans cesse entre " me battre " et "fuir". Me battre en ne me laissant pas faire lorsque des paroles douloureuses sont prononcées, fuir, en me repliant sur moi-même et me cacher jusqu'à ce que la tempête passe ...

J'apprends à m’affirmer. A poser des limites. A dire stop. C'est difficile et épuisant . Pourtant, je sais bien qu'il faut que j'y arrives pour être enfin pleinement moi. En équilibre. Et sereine. Pour ne plus avoir l'impression de vivre ma vie par procuration, à travers le regard des autres, mais juste pour moi-même. Telle que je la voudrais. Parce que les bornes des limites, il n'y a pas plus important finalement ...

Et vous ? Arrivez-vous à vous affirmer ? A dire "non ? A poser des limites ? Savez-vous gérer vos émotions ? Avez vous dû apprendre à le faire ? Qu'est-ce qui vous en empêche ? Comment mener vous les conversations "à risques " ? Dîtes moi tout !

12 commentaires:

  1. Savoir dire non, c’est apprendre à se dire oui à soi-même.Il n’est pas interdit, malsain ou malvenu de dire non quand tu penses être dans le vrai, après tout, tu as autant de libre arbitre que tes proches ! Dire oui parce que tu ne veux pas faire face aux conséquences de ton refus ... c'est dommageable. Pour ton estime de toi, surtout. Si tu disais un peu plus non, tu te respecterais et donc tu t'affirmerais, et, par conséquent, tu ne serais peut-être plus aussi sur les nerfs lors des discussions houleuses .... C'est un tout, en fait.

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    1. Oui, tu as raison, je pense bien que c'est lié tout ça. C'est sûr que si on respectait un peu plus mon opinion et mes envies, je ne me sentirais pas obligée d'être agressive ... pas évident, tout ça ...

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    2. Je suis d'accord. Savoir dire non, c'est essentiel. Il n'y a pas à avoir de remords ou de culpabiliser, au contraire, ça prouve que tu as assez d'estime pour toi même pour faire ce qui est bon pour toi et ne pas te laisser " bouffer" .

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    3. Ah, ça la confiance en moi, c'est pas ça x) Hier encore je faisais un inventaire de personnalité dans le cadre de mon projet de reconversion et à ce niveau j'ai obtenu 1/10 .. le néant donc x)

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  2. Je suis passée par cette étape aussi (et j'y suis toujours un peu ...).
    Dire non, oser dire qu'on n'a pas le même avis .. Et se prendre des raclées monumentales parce que "Tiens, avant t'étais moins chiante". Ben oui ... Mais tout le monde change et je ne vois pas pourquoi je devrais garder la même image de fille "lisse et calme" ad vitam eternam !
    Ca prend du temps et tout bien gérer, et d'être moins en colère. De faire en sorte de dire "non" sans que ça ne termine en pugilat. Parfois ce sont les autres qui insistent et là .. Tu ne peux rien faire. Soit tu te couches, soit tu cries plus fort. Et depuis quelques temps, je ne peux plus me coucher, j'ai besoin de m'affirmer. Ca déplaît beaucoup.
    Courage. Continues, c'est important.

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    1. Merci Rozie de ton petit mot. Ah, ça, passer pour une chieuse, je n'y coupe pas beaucoup non plus ces derniers temps. Je te soutiens aussi dans ta démarche ! Tu as raison, c'est important.

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  3. Je me reconnais bien dans cet article. Moi aussi j'ai du mal à dire non ou à m'affirmer car je suis très influençable (à mon grand malheur). j'essaie de m'améliorer dans ce domaine. Pour ça, je suis fixée deux règles. Dire "non" et couper court aux discussions ( parce qu'en général, je me fais retourner comme une crêpe dès que j'essaie de me justifier) et, en général, je propose une alternative. Je suis d'accord avec toi, c'est vraiment délicat, surtout quand l'entourage est habitué depuis longtemps à ce que nous soyons dociles ...

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    1. Coucou Noon ! Cela me fait plaisir de te lire. Très bonnes suggestions, je vais essayer de faire pareil !

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  4. Il faut se dire que les disputes permettent, lorsqu’elles sont bien résolues, d’avancer dans une relation et les histoires qui durent sont celles qui ont réussi à les affronter...

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    1. Merci Tess ! Tu as sans doute raison, mais j'ai toujours tendance à croire que les conflits sont synonymes de danger ....

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    2. Lorsque tu dis non, il faut oublier la peur et le sentiment de culpabilité. Tu as le droit de ne pas être d'accord. Réfléchis bien avant de dire oui, ou non, car si tu as pleine conscience des raisons qui te poussent à dire non (ou oui, enfin tu comprends) et que tu réfléchis avant d’agir, alors il n’y a pas de place pour la culpabilité, puisque ce sont tes convictions qui t' auront guidé dans ta prise de décision.

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    3. C'est vrai, Jyoti, tu as tout à fait raison. Je vais garder ce conseil à l'esprit !

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