jeudi 20 octobre 2016

Un jour ... On remettra les choses en perspective.


A Joyful Journey Photography


Ce matin, je me suis encore énervée contre le système.

Pour vous la faire courte, Pôle Emploi ne finance quasiment plus rien comme formation pro (ou à des montants tellement ridicules que ça revient à la même chose ..), et je dois me trouver un job en ayant donc un simple niveau bac, alors que, comme l'a rappelé un formateur que j'ai vu ce matin " En France, ce qui compte, c'est le papier" ( sous entendu le diplôme). Vous comprenez mon souci ? J'étais donc hors de moi ( qui ne l'aurait pas été en entendant " mais prenez vous un job alimentaire et financez là " ( s'il y avait eu un "merde, elle fait chier à la fin", ça aurait été pareil)).  Sauf que ...

Début de semaine, mon père a perdu un collègue. 57 ans. Cancer du pancréas. Diagnostiqué en janvier, mort en mai. 4 petits mois. Je ne le connaissais pas très bien, mais mon père l'aimait beaucoup. C'était un gars "bien " ,comme on dit,qui a eu une vie pas très rose ( un divorce et un autre cancer de ce que j'ai compris) et qui attendait gentiment sa retraite pour profiter. Sauf qu'elle n'a pas eu le temps de poindre le bout du nez ...

Il y a quelques temps déjà, une fille qui était avec moi au collège et que je connais de nom ( et de vue ) est partie faire une balade à vélo. Elle adorait le vélo. C'était sa bouffée d'oxygène. C'était une fille posée, avec un chéri, un boulot apprécié dans un CAT. La vie devant elle. Sauf qu'un connard au téléphone et en excès de vitesse l'a fauché. Elle est morte dans l'ambulance. 23 ans. Et sa vie qui éclate comme un ballon. Elle ne se mariera jamais, n'aura jamais d'enfants, ne sortira plus en boîte avec ses amis, ne sera jamais une mamie qui tricote ...

Des exemples comme ça, j'en ai pleins mes tiroirs et je suis sûre que vous aussi. A chaque fois, cela me heurte. Cela me fait mal. A chaque fois, je ne peux m'empêcher de me dire, si ça avait été moi ( ou un proche ). Et à chaque fois, je me dis que c'est pas demain la vie. Demain, c'est peut-être fini. Je me dis qu'il faut vivre à fond. Profiter de son existence. Ne pas perdre de temps avec ce qui nous pèse et ce qui est superflu. Que cela ne rime à rien de fulminer des heures sur des choses que l'on ne peut pas changer.

Ma psy me dit l'essentiel, c'est vous. 

Bien sûr. 

Sauf qu'on passe tout de suite pour un égoïste égo-centrée. Pas très reluisant.Je sais pas pour vous, mais dans mon éducation, ça à toujours été les autres d'abord et toi ensuite. Du coup, pour l'épanouissement de soi, on repassera. Et puis, y a toujours cette petite vague de culpabilité à s'occuper de soi (alors qu'on pourrait être en train de sauver le monde haha). Cependant, mon point de vue sur cette question change. Doucement. On n'a qu'une vie et elle passe vite. Personne ne souciera du fait que je l'ai pleinement vécu ou non, une fois que je serais sous terre. Tout comme personne ne se souciera du fait que je fasse du 44, que je n'aime pas les asperges et que je ne roule pas sur l'or. 

Non. 

Tout le monde s'en foutra. 

Et tout ce que j'aurais eu moi, c'est une vie fade qui ne me correspond pas. Une vie pleine de colère et d'angoisses. Une vie aigre. Une vie pleine de doute, de rancœur, de culpabilité . Une vie que je ne souhaiterais à personne. 


Si on prend conscience de notre finitude, alors, vraiment, tout devient franchement plus simple. Puisque plus personne ne se souciera de ce que vous avez pû faire ou non. Votre appartement n'était pas rangé au carré ? Tant pis. Vous ne mangiez pas healthy-bio-no glu- no milk ? Tant pis. Vous faisiez des soupes avec votre gazon ? Tant pis. Vous n'aviez pas un rond ? Tant pis. Vous faisiez dix heures de sport par semaine ou dix heures de canapé ? Tant pis aussi.

Quand t'es mort, t'es mort.

C'est bien ça l'absurdité de la vie. Ou alors je grandis et je commence à piger le concept du relativisme. Alors franchement, tant qu'à remettre les choses en perspective, autant que ce soit pour nous faire du bien et s'éclater, non ? Comme le dirait une super amie, le chômage, c'est pas du temps perdu, mais c'est bien du temps que tu n'auras jamais plus ! 

Et vous, arrivez vous à vivre votre vie comme vous l'entendez ? A vous détacher de la pression sociale ? Y a t'il des projets auxquels vous avez renoncé à cause de cela ? Comment le vivez vous ? Certaines peurs vous empêchent elles de vivre comme bon vous semble ? Arrivez-vous à relativiser vos "échecs" ? Dîtes moi tout ! 

16 commentaires:

  1. Tellement vrai tout ça. Tellement tellement tellement vrai. Si seulement les gens en majorité pouvaient en avoir conscience. Il y en a un paquet qui aime leur statut d'esclave moderne quand même. Avec des visions des choses digne d'un JT de TF1 (ou de BFM ou peu importe).
    Je suis allée me faire couper les cheveux aujourd'hui, dans un petit salon où je n'ai pas mes habitudes mais pas cher (on va dire qu'à coté du Saint Algues à 40€ sh/coupe/sèchage, tout est relativement peu cher). Je m'installe pour attendre, en moisn de 10 minutes j'ai du entendre toutes les idées reçu sur les chomeurs/Rsastes et autres profiteurs du système (c'était le package complet, tant qu'à faire). Les deux salariés n'auraient pas eu l'air si génées par les propos de leur patronnes et des deux clientes qui tenaient le discours je crois que je me serais barré en leur disant que finalement, j'allais pas leur permettre d'avoir des sous de la CAF non plus, ce serait dommage que je puisse faire fonctionner leur commerce avec mon RSA (bon ce mois ci je bosse, mais bref, c'est du détail).
    Et que les gens aux RSA ils auront pas mal au dos (merde, dommage, faudra que j'en parle à mon dos et au autres parties de mon corps), ils seront pas fatigués, ils auront autant à la retriate que ceux qui gagnent 1000€, et ci et ça et que ceux qui veulent bien bosser ils prennent des petits boulot (ben ouais, mais c'est con parce que le chomeurs il est comme tout le monde, il a un budget à boucler à la fin du mois et donc si le petits boulot lui permet pas de s'en sortir, voilà quoi, bosse pas pour la gloire hein).

    Les gens sont aigris, ne réfléchissent pas par eux même, je me demande pas si certaisn ne se complaisent pas dans des situations qui les font souffrir parce que la vie c'et ça, faut en baver pour être un vrai!

    Mais merde, on envoie des trucs dans l'espace, certains se gavent de milliards et faut se contenter de vivre une vie de merde sans plaisir? On évolue quand? On voit les choses autrement quand? ON s'en prend quand au vrais causes de la merde de notre société?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'avais beaucoup aimé ton billet " qu'est-ce que je vais pouvoir faire de ma vie " , je m'y suis pas mal retrouvé. Ah les idées reçues ... s'il n'y avait pas tant de monde pour les véhiculer (et pour leur donner raison !), on s'enlèverait déjà une épine du pied. Enfin de toute façon, l'homme est un être de jugement ... même moi j'ai parfois des pensées peu charitables ... j'essaye de me surveiller, mais c'est un fait ... par contre je serais assez intéressée que tu développe la partie " les vraies " causes de la merde en France ? Chacun à son opinion sur le sujet et je serais ravie d'entendre le tien ..

      Supprimer
    2. On a tous des pensées peu charitables, on ne serait pas humain sans cela ^^
      Les vraies causes de la merde dans notre société (et pas qu'en France, parce qu'on vit dans une société mondialisée au final), je commencerais par l'hyper financiarisation. Tout n'est que fric, commerce, actions, agences de notation, ... des gens qui ont beaucoup beaucoup (pour faire quoi? Au bout d'un moment, on fait quoi avec des milliard à part les laisser dormir dans un paradis fiscal?) quand des gens n'ont pas de quoi vivre dignement. On a pensé une société pour le fric, la finance et on a oublié l'humain, de faire en sorte que chacun vive bien. Pas dans le luxe mais décemment, dignement.
      Ce midi il y avait un reportage sur le défi de nourrir la planète, les nouvelles méthodes de culture qui pourraient permettre de produire plus pour nourrir plus de monde (putain les gars, au mois d'aout en général, la terre nous a déjà donné son max quoi). Oui, mais merde, on pourrait pas déjà nourrir plus de monde si la société ne faisait pas en sorte qu'on jette je ne sais pas combien de tonnes de bouffe qui ne seront pas vendues alors que cette bouffe elle pourrait nourrir des gens?
      Durant mon BTS, on avait pour thème de recherche l'alimentation. Il fallait faire un dossier tout ça. Je ne sais même plus quel angle on avait choisi, toujours est il que mes recherches m'avait permis d'apprendre que les pays riches (je schémastise) achètent des terres cultivable en Afrique et ailleurs, pour produire de quoi nourrir ... le bétail. Et pendant ce temps là, là bas, ils meurent de faim qu'on pourrait peut être utiliser ces terres pour nourrir ces êtres humains. Faudrait peut être qu'on arrête de vouloir bouffer de la viande à tous les repas, ça va être dur pour certains mais si du coup, un peu plus de monde pouvait avoir de quoi manger sur la table à au moins deux repas par jour, ce serait être pas si dramatique de se priver d'un steack-frites (puis les frites, c'est bon tout seul en plus).

      Ca c'est déjà pas mal comme déviance de notre société. Enfin selon moi. Après on peut parler chomage tout, mais ça découle de la même cause : ceux qui veulent s'en mettre plein les poches, un soucis de répartition des richesses (quelles qu'elles soient, argent, nourriture, ...). On est encré dans de vieux schémas qui ne peuvent plus fonctionner avec les progrès techniques (on va dire que les caissières sont des feignasses qui ne veulent pas bosser quand il y aura des caisses automatiques partout? Et je dis ça un peu honteusement parce que les caisses automatiques, je les utilise, je contribue à la destruction d'emplois pour gagner 5 minutes. Et ce n'est qu'un exemple).

      Je vais m'arrêter là parce que je remarque que j'ai été très grossière dans ce message. Je n'ai pas été radine en gros mots. Oops. Je crois que ça me révolte un peu tout ça ^^

      Supprimer
  2. Olala, j'ai halluciné en lisant la remarque sur le fait de prendre un job alimentaire pour financer ta formation ... mais c'est vrai qu'on en est un peu tous là. Mon homme est agent de sécurité de la voie publique mais sa passion, c'est la magie. Il en fait depuis qu'il a six ans ! Depuis, il cumule les deux, il est bien plus heureux. Mais c'est vrai qu'il a dû passer outre des " mais la magie, ça ne rapporte rien, ce n'est qu'un loisir" " soit sérieux, tu ne peux pas continuer à faire le môme toute ta vie (sa mère !) " et il a dû accepter de faire ce qu'il lui semblait bon pour LUI. Et c'est vrai qu'il faut profiter maintenant. Le malheur frappe tous les jours, alors autant ne pas gaspiller des minutes de bonheur ...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, c'est assez ... déconcertant quand tu entends ce genre de choses. Au final, on a tendance à oublier qu'en France on a pas mal été couvé et chouchouté et que ce que l'on prend comme un droit ... n'en n'est pas vraiment un.

      OOOOH, j'adore la magie *-* Mon rêve serait d'avoir un magicien pour animer mon mariage ! Je suis toujours éblouie et fascinée par ces artistes ...

      Supprimer
  3. Dans la vie, il y a ceux qui se soucient du regard des gens et qui vivent à travers les autres et les usages. En général, il n'arrive jamais grand chose de fou à ce type de personne.

    Perso, depuis que j'ai arrêté de me prendre la tête, de ruminer, de toujours faire des colonnes avec les plus et les moins ...ça va franchement mieux dans ma vie.

    Mais c'est vrai que ça demande une certaine force de caractère ... Tachons de ne pas oublier que le jugement de l'autre ne nous défini pas en tant que personne ! Que tu sois un peu plus comme ceci ou un peu moins comme cela, tu resteras toujours toi, avec tes qualités, tes défauts, tes valeurs, tes loisirs ....





    RépondreSupprimer
  4. C'est extrêmement vrai. Pourtant, j'avoue, certaines peurs font que je ne me lance pas (encore?) dans des projets (un peu fous) que j'avais plus jeune. J'essaie tout de même, au mieux, de concilier mon job, ma famille et mes plaisirs pour vivre une vie heureuse au jour le jour. Mais c'est vrai que je me dis souvent "j'ai le temps.."alors qu'on n'en sait rien.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Moi c'est "on verra demain". Et dans ma tête, il y a forcément un "ou pas", qui se glisse. Mais finalement, ça aide pas mal à définir les priorités de la journée. Depuis que j'ai pris conscience de ça, le plaisir est bien plus souvent en haut de ma liste des priorités !

      Supprimer
  5. je tombe sur cet article par hasard... Il résonne en moi.
    En ce moment, j'ai envie de me reconvertir. Je songe à une formation de libraire, ça me fait envie. Moi qui adore les livres. Mais voilà pour le moment je me bloque parce que les libraires, ça gagne pas grand chose et que les places sont rares. Etres dépendantes financièrement de mon mec me fait flipper à mort (exemple de femmes trop nombreuses dans ma famille qui sont restées en couple parce que pas d'argent pour partir...)...
    Du coup pour le moment, je ne sais pas quoi faire. Ecouter ma raison ou mon envie... Pourtant, c'est vrai, la vie peut s'arrêter demain. C'est bête de s'arrêter à des considérations bassement matérielles. N'empêche que ça me fait peur!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je crois qu'on aura beau faire, un livre reste un livre .. c'est toute une histoire. L'odeur de papier, les pages qu'on corne, les passages qu'on surligne, on prête et on re-prête, on admire la couverture ... le numérique ne remplacera jamais ça ...(et pourtant j'utilise les deux supports, alternativement et de manière totalement complémentaire) . Tu peux peut-être commencer par un métier du livre un peu plus "sûr" ? Bibliothécaire par exemple ...

      Supprimer
  6. Je suis un peu comme toi, je culpabilise dès que je me fais passer avant les autres. Mais je change doucement. Enfin, j'essaie... J'ai hérité mon "les autres d'abord" de mes parents et j'apprends doucement qu'il y a des gens qu'on ne devrait jamais faire passer avant nous.

    Je me dis aussi que la vie est courte et que je dois apprendre à vivre maintenant.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dur, dur de se débarrasser de certains conditionnements ...

      Supprimer
  7. Dire que cet article tombe à point nommé ... Je suis rentrée en urgence en Belgique cette semaine car une de mes kots à perdu son père d'une rupture d'anévrisme. C'est terrible, elle est effondrée. Et moi, j'ai un goût de cendre dans la bouche, à me rendre compte qu'on est finalement si peu de choses. Alors on aura beau me reprocher mon côté versatile , mon instabilité, je ne regrette aucun choix que j'ai fais car ce sont eux qui me construisent et qui emplissent ma tête de souvenirs ...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Désolé pour ton amie, ça doit être très dur, mais elle a de la chance d'avoir des amis comme toi pour l'entourer et la soutenir. Tu as raison, pas de place pour les regrets.

      Supprimer
  8. Apprendre à relativiser est une priorité, une nécessité pour vivre dans un monde qui part de plus en plus en vrille, faute de repères ... Moi je fonctionne sur une échelle de valeur. Je me demande quelle importance prendrait tel ou tel problème ( par exemple : la remarque dans le carnet de liaison de ma BF) par rapport a quelque chose de vraiment ... terrible. Et d'un coup, tout se recadre. On baisse tout de suite en pression et la vie devient plus légère ....

    RépondreSupprimer