jeudi 6 octobre 2016

Un jour ... le chômage deviendra fun.





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Pinterest Photography



Aujourd'hui, ça fait deux mois et dix jours que je suis de retour dans les statistiques de Pôle Emploi. Que je suis donc, encore ou à nouveau (au choix), une demandeuse d'emploi. Et entre nous, je suis angoissée. J'ai du mal à retrouver un rythme, j'ai du mal à ne plus avoir de cadre, je suis inquiète pour l'avenir ( cf mon billet sur l'argent) , je dors mal, bref, j'ai connu mieux. J'ai aussi le fantôme des anciennes périodes de chômage (qui se sont bien mal passées) qui plane au dessus de ma tête comme un vautour et qui, je le sais, n'attends que le moment où je baisserais ma garde pour plonger sur moi et me laisser dans un état aussi pitoyable qu'il y a quelques mois ... 

Cela étant, j'ai changé. Et si mes anciens travers me torturent encore, je suis maintenant assez lucide pour ne pas les laisser faire. Donc, j'ai décidé de changer de vision sur l'épreuve que vont représenter ces longues semaines de non activité professionnelle ( et non pas d'inactivité tout court, car je n'ai pas l'impression de glander à la maison non plus ..). J'en suis pas encore à suivre la tendance américaine qui prône sur des badges colorés " no job, no problem " ( quoi que je pourrais bien y venir, mon esprit non conventionnel adorant ce genre d'initiative !) mais j'avoue que l'idée du funemployement ( contraction de fun ,« amusement », et de unemployment, « chômage ») pénètre tout doucement dans mon esprit. 

Concilier chômage et plaisir. Drôle d'idée, un peu choquante sans doute, dans ce monde où le travail est un sujet si sérieux. Franchement, c'est pas la première pensée qui nous traverse l'esprit quand on prononce ce mot. C'est plutôt synonyme de galère, d'ennui, de solitude, seul face à soi-même de longues heures durant, les yeux rivés sur le compte en banque, dans l'attente de rares entretiens qui feront peut-être à nouveau de vous quelqu'un de bankable, vous faisant passez de l'espoir pur à une déception cruelle et devenir à moitié fou devant l'incohérence du milieu du travail. 

Voilà. 

C'est ça le chômage en France , le désœuvrement complet et un malaise croissant devant son incapacité à changer les choses. Un chômage qui te mine et qui te laisse plus bas que terre. Sauf que. Oui, il y a un SAUF. On peut choisir un autre cortège d'idées pour suivre ce mot. Et pourquoi pas passer du "chômage qui plombe " au chômage qui construit ? ". Evidemment, ça demande un gros travail sur soi. Rien que pour faire le deuil de l'idée que son importance sociale se mesure à l'aune du montant de son salaire et des responsabilités que l'on a au bureau, il faut énormément de temps ( genre trois périodes de chômage pour moi et une bonne dépression).Et puis, après il faut être capable de contrer le regard des autres. Aiguiser sa répartie, assumer son chômage et ne pas baisser la tête quand on essaye de vous faire sentir minable. Accepter de s'affranchir. 

Je crois sincèrement que plus on arrivera à se construire en DEHORS de ce monde - pourri- qu'est le marché de l'emploi, plus on mettra du fun dans notre vie. Si, si. C'est sûr, je garde toujours un créneau pour la recherche d'emploi dans mes journées (faut pas virer extrémiste quand même) mais je suis bien plus le coeur que le cerveau. Alors, j'ai bien décidé de tirer parti de ce nouveau trou d'air dans ma vie. Je compte bien développer un peu plus mon blog de scrapbooking. J'ai repris une activité physique régulière. Je profite de mes après-midi pour faire de la pâtisserie et de vrais bons petits plats (ce que je ne faisais plus quand je travaillais). Je passe du temps avec les gens que j'aime. Et c'est tout. 

On pourrait bien ajouter, devenir érudite en me gavant de reportage, de films et de livres sur tous les sujets qui m'intéressent ( et dieu sait qu'ils sont nombreux, hum ..) ou une usine à souvenir en essayant pleins de nouvelles choses. Alors pour que tout soit clair, je ne fais pas l'apologie du triptyque, canapé-tv-grasse matinée mais je suis bien décidé à ce que cette période se passe au mieux pour moi et pour mon entourage ( car vivre avec un chômeur désespéré n'est pas non plus une sinécure) . Et si ça doit passer par un soupçon de provocation, je suis prête à signer. 


Et vous ? Que pensez vous de ce mouvement et de ce courant d'idée ? Comprenez-vous ce phénomène ? Que penseriez-vous d'un funemployeur si vous en croisiez un ? Auriez- vous des apprioris négatifs ou plutôt positifs ? Le travail reste il le meilleur moyen de se définir socialement ? Dîtes moi tout ! 

11 commentaires:

  1. Comme je le disais il y a peu à une autre blogueuse que je suis, le chômage peut être une bonne période. Je viens d'en essuyer six mois. Avant ça, je n'avais jamais vécu un seul jour de chômage et j'avais un rythme intensif ... Et bien ... Oui, ça m'a fait du bien et j'en ai profité !! J'ai fait toutes les choses que je n'avais pas eu le temps de faire ces dernières années. J'en ai appris un max sur moi et sur mon corps. Même si je souffrais de ne plus avoir d'argent et d'être dépendante de quelqu'un, j'ai vraiment apprécié cette période de solitude et de réflexion. C'est tout ce que je te souhaite.

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    1. Oui, en fait, c'est ça .. Je pense que les gens se prendraient moins la tête avec le chômage s'il n'y avait pas tous les soucis financiers derrière ..

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  2. Facile à dire quand on fait partie d’une minorité de privilégiés qui n’a pas un besoin urgent de retravailler…

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    1. Je ne fais partie d'aucune minorité privilégiée. J'ai des chances que certains n'ont pas, c'est sûr, comme une famille qui m'entoure bien, un patrimoine imoo qui me dégage de certains problèmes mais c'est aussi la loose en fin de mois ...

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  3. J’aime bien cette idée ! Il me semble que c'est aussi une façon de renvoyer le boomerang aux personnes qui pensent que les chômeurs sont des loosers, des parasites, ces personnes qui ont une vision un peu rigide de la « réussite ». Et l'idée des badges me fait mourir de rire. Mais c'est sûr qu'il faut aimer l'humour caustique !

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    1. Ah oui les badges, c'est sûr que ça annonce tout de suite la couleur XD

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  4. Y'a longtemps, j'ai eu le chomage malheureux. Ca m'est passé. Je ne vais pas aller jusqu'à dire que c'est une super période, parce que c'est surtout synonyme de manque d'argent et donc du fait que l'on ne peut pas vraiment se projeter dans l'avenir. D'où l'intérêt de profiter de l'instant présent.
    Le plus dur aujourd'hui, c'est le regard des autres. De ne pas pouvoir faire un pas dehors sans qu'on ne demande si on a trouvé du boulot, si on a pensé à ci ou ça, et bla bla bla. Et dernièrement, la question de l'ennui m'a été posé. J'avoue que ça a encore fait évoluer ma vision des choses.
    Dans la mesure où je ne décroche pas des emplois qui me passionnent, qui m'"enrichissent" sur des sujets que j'aime (en ce moment je bouffe du chiffre toute la journée, moi qui déteste ça. Le boulot en lui même est pas déplaisant, mais bon, je suis vacataire, un peu bonne à tout faire, bref), comme la plupart des gens quoi, j'ai surtout pris conscience que c'était bien triste d'avoir besoin d'un patron sur votre dos 7h/jour mini pour occuper ses journées. Et de constater qu'effectivement, des gens s'ennuient en vacances. Y'a la phobie du temps libre dans cette société de "dynamiques".
    Ben non, j'ai pas besoin d'un contrat qui me dit quoi faire de ma journée pour m'occuper, donc je ne m'ennuie pas ou si peu au chomage (et c'est pas un drame de s'ennuyer parfois). Y'a des milliers de choses, au bas mots, à faire pour s'occuper au point que je ne supporte plus de n'être vu que comme une chomeuse, potentielle travailleuse. Nous sommes plus que notre emploi dans la mesure où pour beaucoup de gens le boulot qu'ils font n'est pas en lien avec ce qu'ils voulaient faire à la base.
    C'est donc en dehors du travail que l'on est soi réellement. Et ça c'est plutôt fun finalement.

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    1. Tu faisais quoi, toi pour t'occuper ? Le manque d'argent, ça grève souvent les projets même les plus petits ( quand je vois le cout d'une place de ciné , sérieux ..) ... Tu travailles dans quelle branche ? Faut pas lâcher, un jour, on trouve tous un poste qui nous anime ( certains plus tard que d'autres, c'est tout ...)

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    2. Je bloggue (moins qu'avant mais ça reste une occupation, réfléchir à des articles tout ça), j'ai un forum (très très modeste mais quand même), je lis (on va me dire que les livres sont chers, mais reste les bibliothèques, les médiathèques, ne pas négliger les vides greniers et boutiques d'occasion), j'écoute de la musique, je m'occupe de ma chienne, j'apprend la guitare en autodidacte (là, j'admet, faut un budget initial pour s'équiper, mais pas mal de cours gratuit sur Internet ensuite), je m'informe, et je pense trop surtout (ce qui prend beaucoup de temps) ^^
      Je suis pas trop ciné, sorties, tout ça. Ce qui tombe bien car ce sont souvent des activités assez couteuses.
      Jusqu'à la fin du mois, je suis vacataire dans la fonction publique, un taf de bureau (saisie, classement, ce genre de truc). En novembre, je reprend mon statut de chomeuse, je n'ai rien trouvé d'autre pour le moment.

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  5. Comme toi je suis actuellement au chômage, à l'origine c'est une décision que j'ai prise car j'étais au bord du burn out avec mon ancien travail. J'ai donc décidé de faire un break pour me remettre sur les rails et me retrouver.
    Par contre, ça fait maintenant un peu trop longtemps car j'ai déménagé et les offres correspondant à mon profil sont moindres et jusqu'à présent mes entretiens n'ont pas porté leurs fruits.
    C'est vrai que c'est stressant, surtout à l'approche des rendez-vous avec le conseiller en fonction du rendement d'envoi de candidatures ; avec cette impression que la quantité est plus importante que la qualité. Et puis surtout à l'idée de trouver de moins en moins d'employeurs ayant envie de me donner une chance à mesure que le temps passe. Comme si mes compétences étaient périssables... tout au plus quelques automatismes en moins.
    Mais ne soyons pas défaitiste, ça m'a donné l'opportunité de faire de nombreuses choses que je remettais à plus tard même si parfois je suis un vrai Catch Potatoe, et donc de reprendre confiance en moi.
    Dans ta démarche tu es sur la bonne voie, bien que ça ne soit pas toujours facile, il faut trouver le positif, avoir de nouveaux projets. Très important, ne pas se culpabiliser si pendant quelques jours on a le moral dans les chaussettes et qu'on est peu ou pas productif, ça ne sert à rien à part rajouter un poids sur les épaules.
    En tout cas je te souhaite de mettre à profit le temps que tu as et de retrouver un travail rapidement !

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    1. Oui, moi aussi ma première période de chômage était de mon fait, suite à une dépression réactionnelle au poste de travail ... c'est pas pour autant que ça se passe bien .. j'ai développé une phobie des autres, du monde de l'entreprise, ça a été très dur ( et je me sens encore fragile parfois ...) , je te remercie pour ton message et tes bons vœux ! :)

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