mardi 24 mai 2016

Un jour ... je n'ai plus voulu être une adulte.

Bookends and daisies Photography 


Dans un mois et des brouettes, je vais rajouter une année de plus à mon compteur. J'aurais alors 26 ans. Et mon horizon de vie semble se rétrécir. 

Je ne sais pas pourquoi j'ai tellement de mal à accepter l'approche de la trentaine. A une amie qui vivrait les mêmes angoisses que moi je lui dirais qu'on est encore jeune à 30 ans, qu'on a la vie devant soi, que tout peut encore arriver ... Pourtant, je n'arrives pas à m'en convaincre moi-même. Beaucoup de sentiments s'emmêlent dans ma tête . J'ai l'impression d'avoir perdu ma jeunesse, ma légèreté, ma liberté. Il faut dire que je n'ai pas fais de transition ... je suis passée de l'ado insouciante qui vivait chez ses parents et partait en week end à l'improviste avec son amoureux à l'employé salarié déprimée qui croule sous les soucis administratifs, financiers et les contraintes du quotidien... 

Et c'est comme ça que je me retrouve à détourner un regard mi-envieux, mi attendri, sur le parcours de ma soeur cadette qui, elle, profite pleinement de sa vie étudiante, avec cette impression persistante d'avoir sauter une case et en faisant le constat amer que cette époque de tous les possibles, celle dont je n'avais pas conscience à 18 ans, est belle et bien révolue. Bien sûr, je me réjouis pour elle, bien sûr, je ne lui souhaites que le meilleur, pourtant son parcours actuel (les études supérieures, les joies et les aléas de la vie étudiante, les voyages universitaires ..) réveille en moi des regrets. J'envie maintenant cette chance qu'elle a de partir faire ses études dans ce magnifique pays qu'est le Canada, un univers qui m'a toujours fait rêver, moi aussi, et la possibilité qu'elle a d'envisager la vie en colocation, d'expérimenter cette vie à la Friends que j'aurais adoré vivre si les choses s'étaient déroulées autrement pour moi ...

C'est comme si je me retrouvais à un tournant de ma vie, déplorant ce que j'ai fais, ce que je ne peux plus faire et ce que j'aurais dû faire. Ma vie me semble tellement chiante par rapport à la sienne qui déborde de génialité ( et peu importe si ce mot n'existe pas dans le dictionnaire). Moi aussi j'ai de nouveau envie de profiter de la vie sans entraves ... J'ai goûter à la vie d'adulte et ça ne me plait pas. Je ne veux plus être des bagnoles comme dirait l'autre. Toutes ces années, j’ai l’impression d’avoir suivi le script d’un scénario parfait : celui d’une petite fille modèle, de la jeune fille sage et responsable, mature, celle qui réfléchit avant d'agir, qui prend les décisions de manières pertinentes et rationnelles .. A la plus grande joie de mes parents. Le déroulé normal et attendu. Je suis devenue grande sans même m'en rendre compte. Je suis passée de la petite fille rêveuse à l'adolescente travailleuse, et de jeune diplômée ultra motivée à employée désillusionnée et blasée.  Ma vie est devenue à mourir d'ennui et d'une platitude crasse.

Maintenant, je suis confrontée au choix le plus difficile que j'ai eu à faire de ma vie. Je peux continuer à calquer mes choix sur ceux de mon entourage, en suivant leurs conseils, qui sont toujours " pour mon bien" , continuer à courir après ce graal de la "vie parfaite" que de nombreuses personnes convoitent pourtant (surtout en ces temps incertains) mais qui a de plus en plus de mal à me faire rêver , en parlant empreint, investissement, épargne retraite, plan de carrière et je ne sais quel autre truc ... je peux continuer à écrire le fil de l'histoire que mes parents, ma famille, la société, ont écrit pour moi depuis des années. Je peux continuer sur cette lancée et finir avec un mari, une maison, un break, 2.4 enfants et un labrador. Ou alors, je peux faire preuve d'un minimum d'esprit de rébellion. Accepter que je ne serais pas la fille que mes parents auraient voulu avoir. Faire le deuil de cette fille là. Pour enfin vivre ma vie, à moi. 

Alors, peut-être que je ne serais jamais adulte, au sens où l'entend la société, ou comme l'entend mes parents. Ce que je sais, c'est que j'ai essayé. Et que la vie comme ça me pèse. Que si être "adulte", ça veut dire enfouir profondément ce que je suis réellement, à savoir spontanée, créative, curieuse d'esprit, imaginative ... alors je refuse dorénavant de m'y conformer. Je sais très bien que ma part d’enfant ne m’empêchera pas d’être responsable et de faire des choix réfléchis. J'ai pris le pli, depuis le temps. Ce que je sais en revanche; c'est que ma part " adulte" m'empêche d'être pleinement épanouie ... alors maintenant, il est peut-être temps de ne plus me contenter d'une vie qui me plait moyennement et de faire bouger les lignes. Parce qu'au final, la vrai maturité n'est elle pas d'arrêter de se trouver des excuses et de faire face aux réalités, en opérant des changements ? 

Et vous ? Avez vous déjà traversé des crises de maturité ? Fais votre crise d'adolescence à retardement ? Quels changements significatifs avez-vous apportez à votre vie ? Avez vous déjà ressenti de l'envie ou de la jalousie concernant le mode de vie d'un proche ? Avez vous déjà eu ce sentiment d'être engluée dans une situation qui ne vous convenez pas ? Dîtes moi tout ! 

13 commentaires:


  1. Bonjour Ditwan,
    Je ne peux pas m'empêcher de rebondir sur ton article car c'est mot pour mot ce que j'aurais pu écrire l'année dernière.
    Il y a un an, j'avais 28 ans, un mec depuis 8 ans, un appart, un CDI, une vie rangée. Après tout c'est vrai, on fait des études dans l'optique de trouver un stage, puis un cdd, puis un cdi, ensuite on doit mettre de l'argent de côté, planifier les vacances, les sorties entre amis, puis se marier, acheter une maison, penser à sa retraite.
    Et en fait je me suis réveillée un matin angoissée en me disant que ce n'était pas cette vie que je voulais, que j'étais en train de subir ma vie à déjà 28 ans. Pire, que je m'étais créé des envies que je n'avais pas. Au fond je n'avais pas envie de me marier, et je trouvais ma vie de couple déprimante et sans folie à 28 ans. J'ai donc quitté mon mec. Ma vie s'en est déjà trouvée bien plus douce et légère. Je suis partie en vacances seule, j'ai rencontré plein de nouvelles têtes, de nouveaux amis, resserré les liens avec des gens mis de côté, j'ai recommencé à vivre, à revivre mon adolescence mais en mieux, avec plus de recul, de maturité, d'indépendance aussi bien sûr. Pendant 6 mois ça m'a convenu mais j'ai eu envie d'autre chose car au fond de moi je me posais encore des questions, l'impression d'étouffer dans ma vie parisienne.
    Et j'ai enfin pu verbaliser le truc avec un ami à moi au détour d'un verre (le genre d'ami dont j'enviais la vie, celui qui au même âge que moi avait déjà pris une année sabbatique, traversé des dizaines de pays et repart dans quelques semaine voyager autour du monde au moins un an après donné sa démission cette fois), je venais alors d'avoir 29 ans et je lui disais que mon plus grand regret dans ma vie c'était de ne pas être partie voyager loin, longtemps. De ne pas non plus avoir vécu à l'étranger, de ne jamais avoir éprouvé cette liberté de ne pas avoir d'attaches. Et il m'a très justement répondu que je ne pouvais pas dire ça à mon âge. Que je ne pouvais pas parler de regrets, qu'au fond qu'est ce qui m'empêchait de réaliser mes rêves et mes projets ? Un CDI que je déteste ? Un appart en location qui me coûte les 2/3 de mon salaire chaque mois ? Que si j'en avais envie il fallait le faire, il fallait oser que quoiqu'il se passe ça serait positif j'apprendrai des choses sur moi, sur les autres, je verrai des choses, je me sentirai vibrer mais une chose est certaine, j'en avais envie et si je n'essayais pas, si je n'osais pas alors je ne me le pardonnerais jamais. Et j'ai donc pris la décision de quitter mon travail là dans quelques semaines. Je vais commencer par partir quelques mois en Asie avec mon sac à dos et ensuite je pars en WHV au bout du monde pendant 12 mois. Ça sera pas facile tous les jours, ça sera pas rose tous les jours, mais je prends enfin ma vie en main et rien que pour ça si tu en as envie et que tu le fais tu seras fière de toi, tu vas prendre confiance en toi et tu seras simplement libre & heureuse.
    Et tu sais quoi, bon j'ai des parents très compréhensifs, ça je le savais déjà, mais quand j'ai quitté mon mec, quand je leur ai dévoilé tous mes nouveaux projets ils m'ont simplement dit, tout ce qui compte c'est que tu sois heureuse.

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    1. Ah oui, partir en vacances chacun de notre côté on y a déjà pensé (parce que lui, il est plus vacances sportives et moi plutôt culturelles) mais ça me fou la trouille de partir seule .. et puis ça heurte un peu ma vision du couple (on est censé se construire des souvenirs en communs non ? Pas séparément... Enfin bon ...) . Je connais ce genre d'amis, c'est le genre que je jalouse aussi beaucoup .. Et oui des regrets, j'en ai aussi, sauf que c'est encore pire, j'ai 25 ans .. sauf qu'avant je n'en avais pas conscience, ce n'est qu'avec l'aide de ma psy que je me suis rendu compte des carences qu'il y a dans ma vie, c'est fou comme on peut se persuader de pleins de choses alors qu'au fond, on veut totalement l'inverse ... Merci de ton petit mot en tout cas, c'est très positif tout ça !

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  2. Ton article me parle beaucoup. Mes 25 ans ont été très dur à encaisser pour moi, moi qui ne suit pas du genre à compter les années pourtant. J'ai pris ces 10 dernières années en pleine figure. Dans ma tête j'ai encore et toujours 15 ans même si ma vie m'a fait grandir trop vite. J'ai rencontré Arthur à 16 ans. Je suis tombé enceinte un an après. Nous avons eu un magnifique petit garçon ( qui aujourd'hui à 7 ans) et une vie calme, paisible et bien rangé. Arthur travail, il a un CDI. Moi je tâtonne un peu différent métier qui me permettent de rester à la maison pour élever nos enfants ( une petite fille est venu agrandir notre famille l'année dernière ). Nous sommes propriétaire d'une grande maison que nous venons de rénover.
    La vie rêvée en somme pour la plupart des gens.
    Sauf que moi , à bientôt 26 ans, j'étouffe.
    Je culpabilise car il n'y a pas une seule journée ou j'ai envie de prendre mon sac et de partir.
    Ou ? Je ne sais pas.
    J'aime mes enfants, j'aime mon conjoint mais je ne sais plus si j'en suis encore amoureuse. C'est compliqué.
    Après 10 ans de vie commune , si jeune. Je suis en manque d'adrénaline. Le premier regard, le premier baiser. Les rencontres. Tout ça me manque.
    Et puis moi qui adore l'ambiance des concerts de Rock/métal , les bières et les potes. Je ne sort plus, je n'ai plus d'amis. Je me suis enfermé dans ma vie de maman , de fausse adulte et je m'en mord les doigts.
    Je ne regrette pas mes enfants, au contraire, mais je crois que je n'ai pas toujours prise les bonnes décisions.
    Si tu as l'occasion de fuir ta vie actuelle, fonce !
    Moi je suis une peu "coincée" car mes choix peuvent affecter la vie de mes enfants et je ne veux pas qu'ils subissent ça.
    Fonce ! Ne regrette pas et vis la vie dont tu rêves tant ! ♥

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    1. Ici, il n'y a pas d'enfants mais une maladie chronique invalidante et un cruel manque de finances ... On a tous nos croix, malheureusement. J'espère qu'on trouvera un moyen de ré-enchanter nos vies. Courage ! ♥

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  3. Comme dirait mon grand-père, parfois on fait des choix et parfois ce sont les choix qui nous font ... La vie sera toujours imparfaite et difficile, c'est comme ça pour tout le monde. Il faut apprendre à faire avec ce que tu as. Il est vain de se plaindre, de vouloir que les choses ou les gens changent ... Effectivement, ce billet ne reflète pas une très grande maturité. Croire que l’on peut tout avoir tout de suite est une pensée infantile.Et tant que tu seras dans ce schéma là, tu ne seras jamais heureuse parce que la vie, la vraie, ne fonctionne pas ainsi.

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    1. Marylle, a contre courant, comme d'habitude .. mais je respecte ce point de vue comme les autres. Il est instructif également ..

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    2. Graine de Kiwi8 juin 2016 à 07:17

      Je suis assez d'accord, la forme est un peu brut mais ... parfois il faut aussi apprendre à cesser de courir derrière ce qui nous manque pour regarder ce que l'on a déjà aux creux des mains ...

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  4. Désolée mais je ne suis pas d'accord; dire qu'il est vain de vouloir que les choses changent cela signifie qu'il faudrait se résigner, et ne surtout jamais prendre de risques. C'est une vision de la vie bien triste...
    On ne peut pas tout avoir dans la vie mais on ne peut pas tout accepter non plus. Se remettre en question, ce n'est pas un manque de maturité, c'est au contraire courageux.
    Gwen.

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  5. Billet intéressant!
    Ton destin t'appartient tant que tu as la santé alors profite de chaque journée et fais TES choix, bons ou moins bons, tourne,même un peu en rond parfois, fait demi-tour, va ou bon te semble avec qui tu veux de positif, Choisis tes routes, tes chemins, tes randonnées, ton hamac ....
    Être adulte ne signifie pas grand chose puisqu'à 18 ans nous le sommes tous devenus, légalement.

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    1. Merci taz. Ah mais le souci, c'est que je ne l'ai pas, la santé. Et que ça contrarie beaucoup de mes plans ... Et pour ce qui est de tourner en rond, ça dois bien faire cinq ans que je ne fais que ça, je te dis pas la nausée que je commence à avoir lol

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  6. désolé de lire que ta santé n'est pas au rdv !
    j’espère au moins que tu ne tournes pas toujours dans le même sens :)
    Cela m'est arrivé aussi et, comme je vais régulièrement chez le dentiste (pas assez selon lui), je vais aussi de temps en temps me faire plaisir et prendre rdv avec mon psy, car mon meilleur ami n'est pas toujours assez objectif. Moi, ca me fait souvent du bien d'échanger avec qqn qui a bcp d'expérience personnel ou prof, qui ne juge pas, et te donne des cartes du monde... tu peux aussi lire laisse moi te raconter les chemins de la vie.

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  7. bonjour :) je viens juste de découvrir ton blog par le biais d'un de tes articles publié sur le huffington post. la vie est si bien faite, je lis ton article pile au moment où me viennent les mêmes interrogations :)
    je suis dans une période où précisément je me sens coincée et presque "engluée" dans ce que je vis, et honnêtement c'est très bizarre au regard de tout ce que j'y ai mis (comment j'ai construit ma vie, que j'étais tellement sûre que ça me plairait pour tjs, et oui aussi un peu de "rentrer dans le moule" pour rassurer un tant soit peu mes parents)
    mais je suis libre bon sang ! (enfin je crois)
    merci d'avoir publié ton article, il me fait bcp de bien et me rassure :)

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