mercredi 6 avril 2016

Un jour ... j'en ai eu marre d'être un standard, une gens bien comme il faut.


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Regnumsaturni Photography

Quitter son entreprise pour devenir masseur ou prof de yoga ; ouvrir un gîte ou une ferme écologique à la campagne et élever des chèvres ; aménager un camping-car et, le temps d’une saison, aller voir là-bas si j’y suis mieux… Des histoires comme ça, des idées de ce genre, on en connait tous ...

En ce moment, j'étouffe.

Régulièrement (pour ne pas dire quotidiennement), en ouvrant les yeux, je pousse un soupir en songeant à la journée qui m'attends. Avec cette petite voix dans ma tête qui me souffle de foutre trois slips et mon chat dans un sac à dos et de me casser, loin. De faire table rase, de me ré-inventer.

Ouais, je suis du genre à penser que les causes de mon mal-être partiront avec l'eau du bain et que couper les liens avec tout ce qui m'est insupportable est l'unique solution. Sauf que, pour l'avoir expérimenter par deux fois dans des domaines différents, je sais très bien que c'est une illusion.

Je suis quelqu'un qui aime profondément la liberté. Vraiment. J'aime pouvoir faire comme je veux, quand je veux, sans avoir à rendre de compte à quiconque. J'aime construire mon équilibre sur cette idée que rien ne m'attache. Sauf que la vie, la vraie, ce n'est pas si simple.

Pour ceux qui me connaissent, ou qui me suivent depuis longtemps sur ce blog, vous savez bien que je suis un paradoxe à moi toute seule. Je n'aime ni la routine, ni la banalité, ni les carcans, ni les dicktats, j'ai de l'admiration pour les ambitieux, les audacieux, les originaux et les utopistes ... et je ne suis rien de tout ça.

Je suis angoissée, engoncée dans mes culpabilités, mes doutes, incapable d'avoir confiance en moi et trop blasée pour encore avoir un peu de foi dans mes projets. Bref, ce besoin de révolution, il se joue surtout dans ma tête pour le moment. Parce que ... tout quitter , c'est bien beau, mais pour construire quoi après ?

Au final, je me demande si cette envie de changer de vie est véritable, ou bien si ce ne se sont que des berceuses que je me chantes pour supporter une vie qui n'est pas vraiment à la hauteur de ce que j’espérais, cette vie qui n'est pas en totale adéquation avec moi-même.

Comme la majeur partie des gens, j'ai été construite sur le référentiel : aller à l'école, obtenir un bon emploi, me marier, avoir des enfants, devenir propriétaire ... épargner pour l'avenir, et partir dans le sud à cultiver la lavande pour ma retraite.

Aujourd'hui, je me demande s'il existe vraiment une autre alternative. Pour moi, j'entends. Je ne suis pas une lâche, je n'aime pas prendre la fuite, pourtant, en cet instant, je donnerais tout pour me carapater loin de l'ennuie, de la routine, des contraintes du quotidien.Cesser de subir et reprendre ma vie en main. Sauf que je ne sais pas où aller.

Oui je suis un cas désespéré.

Peut-on être un être d'habitude, attaché à la fois aux petites choses qui balisent notre chemin de vie tout en se rêvant aventurier ? Changer ? Ne pas changer ? Petits ajustements ou grandes ruptures ? Le dilemme m'étourdit.

Je sais bien que des milliers de gens vivent pleinement leur vie et ne se contentent pas de la passer dans une salle d'attente. Qu'autant d'entres eux vivent de leurs passions et que ça n'a rien d'une folie. Pourtant, quand je lance l'idée d'une vie où je pourrais vivre de mes passions, où je trouverais enfin chaussure à mon pied, on me dit que c'est "trop compliqué", qu'il faut que j'arrête de rêver. Alors la réalité, celle où je ne vis qu'à moitié, est donc mieux que le rêve ?

Alors que je vous écris sur la nécessité ou non de changer radicalement de vie, une autre idée m’effleure .. et s'il ne s'agissait pas de changer de vie, mais de me changer moi ? Me retrouver moi même, devenir plus authentique ... être en cohérence avec mes aspirations, mes valeurs ? Sans me laisser polluer et emmurer par cette façade que je me construit depuis des années pour faire plaisir, être aimé, reconnu ...  Peut-être que, finalement, il ne s’agit pas tant de partir ou de rester que de devenir qui nous sommes, ici ou là-bas.....

Et vous ? Que pensez-vous des changements de vie radicaux ? Faut-il changer de vie ou se changer soi? Comment lutter vous contre les frustrations du quotidien ? Parvenez-vous à trouver un équilibre entre votre vie réelle et votre vie fantasmé ? Comment éviter de confondre évolution et fuite en avant ? Dîtes moi tout !


13 commentaires:

  1. On a tous tendance à s'enfermer dans une routine tu sais, avec l'impression de vivre le même jour encore et encore ... On se lève, on mange, on va au boulot, on passe du temps dans les transports, on se douche, on passe du temps avec ses proches, un peu de loisirs, un peu de ménage, un peu d'administratif et paf, ça recommence ... Nous devons faire ce que nous devons faire. C’est la façon dont fonctionne la vie " réelle". Mais, nous pouvons tout à fait faire ce que nous avons à faire tout en passant des journées agréables et différentes les unes des autres...Nous pouvons tous travailler à l’intérieur de nos limites et trouver des moyens de rendre la vie un peu plus amusante et excitante. Comme quand nous étions gamins et que chaque évènement était une aventure en soi .. ;)

    Ps : je prends juste un exemple, comme ça. Tous les jours je dois promener Guss. Quelque soit mon état, quelque soit la météo, quelque soit les conditions. Bon. Je pourrais faire à chaque fois le même circuit, le même chemin, les mêmes arrêts et finir par voir ces deux heures de ballade quotidienne comme un calvaire. Sauf que non. Un jour, on se ballade dans un parc, une fois on découvre un nouveau quartier, parfois on sort de la ville et on va en forêt ... Tu vois ?

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    1. Ah, cette fameuse âme d'enfant ... Oui, je vois, mais au final, je crois qu'on n'y penses plus trop ( à part dans des crises comme celles là), qu'on fait les choses par automatisme ...

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  2. Me concernant, j'ai déjà tout laisser tomber pour recommencer une vie parce que j'étais pas heureuse dans l'ancienne. J'ai tout changé. Puis après j'ai changé de métier. Et je crois que je rechangerai de métier. J'ai eu des moments pas faciles du tout, mais je regrette rien.

    La seule chose que je peux te dire, si c'est que ta vie ne te convient pas, change là ! Personne d'autre ne le fera à ta place. Tu peux y réfléchir progressivement, de toute façon on ne se sent jamais prête.

    Si tu change tout, tu sais pas ce que tu trouveras certes, mais si tu ne changes rien, tu te retourneras dans 10 ans pour observer les choses que tu n'as pas faite.

    Je n'ai pas de solution toute faite à part de se bouger, en avançant tu te trouveras en route :)

    Les phrases du type : "c'est comme ça que fonctionne la vie réelle" paraissent sonner tellement faux pour moi. Le bonheur n'est pas linéaire mais c'est à nous de faire les choses pour être juste bien et en accord avec nous même déjà.

    Si je m'écoutais, je partirai faire le tour du monde et je ne reviendrai plus. Mais à force de me bouger, d'évoluer, j'ai déjà trouvé une vie plus équilibrée et qui me correspond plus. J'ai pas fini de la faire bouger :)

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    1. Je suis contente que tu arrives à faire bouger tes lignes et à te rapprocher de ton "vrai" toi, mais au moins as tu eu la chance de savoir ce que tu voulais, moi, j'en suis là, je suis tellement perdue que je ne sais même pas ce que je dois changer pour que ça ailles mieux ...

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  3. Coucou,

    Je pense personnellement que l'essentiel est de travailler sur soi (puisque c'est le pays que l'on habitera jusqu'à notre mort^^) et parce qu'ensuite tout est plus facile, plus plaisant, plus léger.
    J'ai l'impression que nous sommes en ce moment à une sorte de tournant dans notre société. Le malaise semble global. Nous sommes de plus en plus nombreux à partager des richesses qui se restreignent, et à subir un écrasement de nos vies, de nos sentiments par la froideur de la précarité, de l'économie, du rendement, des cadences. Comme nous ne sommes même plus bien payés pour ce que nous faisons (vendre notre énergie et notre temps en y état obligés parce que sans argent nous ne pouvons pas vivre), nous déprimons.

    Les religions ont presque disparues et nous cherchons du sens à ce qui n'en a pas. Il y a donc pour moi un contexte extérieur défavorable à notre épanouissement en tant qu'être et, pris dans l'engrenage, peu arrivent à s'en extirper pour se poser et réfléchir au sens de tout cela, de tous ses sacrifices quotidiens qui nous pèsent.

    Bien évidemment ce n'est que ma vision mais c'est ce que je retire de plusieurs années d'observations. Je crois donc qu'il nous faut être courageux, ambitieux et prendre du recul mais aussi rester très lucide : nous sommes imbriqués, nous vivons dans une société qui nous prend en étau, nous oblige à vivre avec de très nombreuses contraintes, auxquelles il est très difficile d'échapper. Donc soi on quitte tout et on part vivre sous une yourte en campagne, en autonomie, soit on part à l'étranger (où ce n'est pas toujours mieux), soit on cherche à changer le système à sa mesure, à son niveau et en se regroupant également (on le voit en ce moment).

    C'est un problème tellement complexe qu'il n'y a pas de solution simple et ce désespoir, cette perte de sens, que nous vivons tous, ne peut trouver une réponse que dans de grands changements sociétaux qui ne vont pas se faire en un claquement de doigt.

    Bises et haut les cœurs !

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    1. Je suis d'accord avec toi. La société actuelle nous vend des idéaux qu'ils nous devient de plus en plus difficiles à atteindre (sérieux, je vais avoir 26 piges, j'ai pas encore fait de tour du monde, je ne me suis pas expatrié, j'ai rien vu d'autres que ma petite région, j'ai l'impression que ma vie est finie * et je rigole qu'à moitié *) ... d'un autre côté, mes parents qui voyagent beaucoup ( et je l'ai déjà vu aussi à quelques rares occasions) me disent que les gens sont plus heureux dans les pays moins riches et c'est là que je me dis qu'on a un gros problème sociétal à résoudre ... sauf que je ne vois pas ce que nous, nous pouvons y changer ...

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  4. Je me reconnais bien dans ton témoignage ...car je suis moi-aussi passée par cette période de questionnements et de craintes sur mon avenir, au moment où je me sentais complètement coincée dans mon boulot de bureau et que je cherchais un sens à ma vie. Le déclencheur à été pour moi de partir pendant six mois en Colombie ... Parfois, c'est quand on arrête de chercher que les choses viennent naturellement ...

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    1. On me le dis souvent, mais j'ai des tendances à l'hyper-contrôle ...Pourtant, c'est toujours quand je " laisse tomber" que les choses bougent ... Il faudrait que j'intègre la leçon lol

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  5. Et si tu arrêtez de te mettre des bâtons dans les roues, et de passer la moitié de ton temps à t' imaginer en pleine crise de la cinquantaine à te demander où sont passées les années, et l’autre moitié à te dires que c’est parfaitement raisonnable de passer 40 heures par semaine dans un job que tu détestes ?

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    1. Mais c'est parce que c'est ce qu'on veut me faire croire, Kiwi ... Le malaise au travail, le malaise dans la vie, ce n'est pas une raison pour tout plaquer parce que " si tout le monde était comme m(t)oi, ça ne marcherait pas " ...

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    2. Ah oui, cette fameuse manie de nous faire régulièrement sentir qu'on ne peut QUE rester à sa place ... il y a deux solutions : soit y croire et rester planté au même endroit, soit choisir de créer sa vie et ne pas écouter ceux qui pensent qu'on ne peut rien réaliser d’autre...

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  6. Je te comprends car je me pose le même genre de questions. On a été élevé dans un référentiel et c'est dur d'oser songer à un autre mode de vie. Personnellement, je dirais: changes de vie si tu le veux, mais fait le de manière réaliste et réalisable. C'est très important de garder en tête cela, je pense que c'est ce qui fera que ton rêve ne deviendra pas cauchemar mais simplement une autre façon de vivre. :)

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    1. Je me dis qu'il y a sûrement du vrai quand on parle de fantasme dans ce désir de changer de vie ... et c'est dur de rendre un fantasme ( idéal et parfaitement parfait) réaliste et réalisable ... peut-être doit il continuer à être de cette nature là ... Je ne sais pas trop mais on m'a dit récemment que si le diable se cache dans les détails, les anges aussi .. sous entendu, parfois, il ne faut pas changer grand chose pour révolutionner sa vie ...

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