jeudi 3 mars 2016

Un jour ...la vie fut tout et rien à la fois.



Jizo - a god who protects children.  Some say he was inspired by Jesus hundreds of years ago. (japan...buddism):
                                 





Depuis le début de l'année, je lis avec application les livres du Dalaï Lama. Ces livres résonnent beaucoup en moi et font bouger mes lignes en remuant pas mal de mes croyances, sur moi-même, sur la vie mais aussi sur tout un tas de domaines différents comme le travail, l'alimentation, la mode ...

Il existe trois points communs à tout ce qui constitue l'univers.

Absolument tout se concentre en trois mots : impermanence, insatisfaction, non-existence.

Les deux plus grands points que j'essaye de travailler actuellement, c'est "l'attachement" et " la non existence des choses", à savoir " l'annica" et " l'anatta" en langage bouddhiste. Je ne me suis pas encore penchée sur la question de la souffrance ( Dukkha) parce que je pense que j'ai déjà pas mal cogiter sur la question les deux dernières années, mais j'y reviendrais, c'est sûr ... Aujourd'hui, je vais vous parler de l’impermanence et de la manière dont j'essaie de l'intégrer dans mon quotidien.

ANNICA 

Deuxièmement, ce monde et tout ce qu'il contient est transitoire
Tout particulièrement la vie des êtres est aussi fragile qu'une bulle
L'instant de notre mort est imprévisible et, lorsqu'elle survient, nous ne sommes plus qu'un cadavre
Puisque c'est le dharma qui nous est bénéfique alors pratiquons-le avec ardeur

Ainsi, avec l'impermanence, nous serions gréé d'accepter que rien ne peut exister pour toujours, sans se terminer, un moment ou à un autre, un jour ou l'autre.Tout finit par disparaître. C'est pour cette raison que, lorsqu'on est raisonnable, on essaie d'avoir de moins en moins d'attachements.Parce que plus on a des attachements et plus on souffre. Par exemple, si on s'attache à à un objet ( accro du portable, je vous salue) ,on est forcément déçu ou énervé quand on le perd. Si on s'attache à un endroit,on est triste quand on doit le quitter (j'en sais quelque chose moi qui vit chaque départ  en vacances comme un déchirement), bref, vous comprenez l'idée ...

Si d'un point de vue matériel, les choses peuvent paraître un peu moins difficile à appréhender, avec le courant de la " simplicité volontaire "  qui prend de plus en plus d'ampleur, c'est une autre paire de manches quand on s'attaque au domaine de l'émotionnel, du relationnel ou même de la pensée et des croyances. En effet, ce concept (l'annica, ou anitya, prononcé anitcha) va encore plus loin puisqu'il indique que si on s'attache à un principe ou à une idée, on est frustré et mécontent si quelqu'un fait le contraire, si on s'attache à une personne, on est perdu, triste, angoissée ( toutes les émotions négatives que vous voulez)  quand elle part ..

La conclusion de ce principe fondamental du bouddhisme c'est  : si tu n'as pas d'attachements, tout peut arriver et tu ne seras jamais triste, déçu ou fâché.

La première fois que je me suis penchée sur cette caractéristique du trilakshana, je me suis dis : mais bien sûr, comment n'y ai-je pas pensé plus tôt, moi qui souffre tellement de la séparation, de la perte, des changements, bien sûr que l’impermanence est une source de souffrance puisque ce qui ne dure pas ne peux pas être satisfaisant... maintenant que je travail dessus, je vais vous dire pourquoi on n'y pense pas : c'est un chemin terriblement compliqué.

L'homme semble être plus souvent constitué pour s’attacher à ce qu'il aime ( qui comble souvent un désir ou qui nous fait du bien (physiquement, émotionnellement)) , que ce soit des êtres ou des activités, et pour redouter de se séparer de ce qu'il a aimé, de ce à quoi il est attaché, de ce qui, parfois, a été le sens de sa vie, qu'autre chose  ..

Et moi, je ne suis qu'une pauvre petite humaine, pas du tout "sage" ni élevée spirituellement, qui en est encore à ce stade là (comme beaucoup, je suppose ?!) . Oui, je le dis haut et fort, je suis de celle qui croit avoir besoin de la routine, de repères, de stabilité et de permanence pour vivre en paix.  Entre nous, pour la grande angoissée que je suis, impermanence des choses est  une idée épouvantable, je pourrais en avoir mal au ventre rien que d'y penser, pourtant je sais bien que tout ceci est vrai. Ceci dit, ce n'est pas parce qu'une chose s'avère exacte qu'on a forcément envie d'y adhérer. Pourtant, plus je lis, plus je travail sur ces idées, ces conceptions de la vie, ces enseignements, moins je trouve ce point de vue discutable.

Il me semble de plus en plus clair que, si nous nous attachons trop à ce que nous pensons être nous-mêmes, et que nous n’arrivons pas à lâcher prise, à laisser passer, c’est comme si nous nagions constamment à contre courant, en nous épuisant pour rien, et qu'en nous attachants à des choses qui nous échappent, nous redoutons des choses qui nous arrivent ...je vais prendre un exemple, parce que je crois que j'en ai perdu deux, dans le fond ... Si un homme s'attache coûte que coûte à son emploi, à son métier, s'il pense que celui le défini alors il redoute de le perdre, d'être au chômage, de ne pas savoir faire autre chose, etc .. Vous suivez ?

Alors, il me semble important de retrouver un esprit fluide, qui, au lieu de considérer l’impermanence comme un scandale (youhou mon mono-neurone, t'es concerné là) , trouve au contraire que c’est une chose tout à fait normale, naturelle et apprend à s’harmoniser avec elle. Voilà. Bonne chance. Non, je rigole. Après la théorie, voici la pratique. Je vous livre mes pistes, ce que j'ai choisis d'entamer pour avancer sur ce chemin là. Après, c'est à chacun  de faire ses choix selon ses propres aspirations, et de s'inventer des objectifs en adéquation avec ses goûts, ses passions, son histoire, son environnement, sa famille…

Finalement, la première chose qui me vient en tête c'est : faire avec ce que l'on a.

Peu de gens ont découvert le difficile art de se contenter de ce que la vie leur apporte ( je suis une éternelle insatisfaite, il me manque toujours quelque chose, donc je m'inclus dans " les gens") , en bien ou en moins bien. L'impermanence "oblige " à cela. On doit très souvent apprendre à faire face aux circonstances que ce soit dans les périodes de sérénité ou dans les périodes où s’enchaîne les épreuves. Parfois même, on s’aperçoit que l’on n’est, au fond, pas heureux, pas satisfait, alors qu’en réalité on aurait de bonnes raisons de l’être. Annica nous démontre la nécessité d’apprendre à être satisfait du présent, quoiqu'il puisse apporter.

D'un point de vue matériel, je pense vraiment adopter plus de gestes inspiré du mouvement de la simplicité volontaire.

Par exemple, en n'achetant plus tout et n'importe quoi sur un coup de tête. En cas d'envie d'achat impulsif ( chez maison du monde, ça m'arrive beaucoup trop souvent, hum), je m'oblige à prendre un délai de réflexion ( j'attends un jour ou deux) et en général, l'envie s'évanouie. Autre chose, je ne change d'objet que lorsque les autres sont hors services et pas seulement pour suivre la mode.
J'ai aussi commencé à désencombrer mon armoire. Je me suis fixée pour objectif de m'en tenir à sept pièces ( sept pantalons, sept pulls, sept chemisiers ..), pour moi qui suis une adepte des basiques, ça ne devrait pas être trop compliqué ( par contre, je ne sais pas me raisonner sur les foulards lol, ça c'est un pêché mignon et un plaisir que je continuerais de m'octroyer sans culpabilité). Je me suis mise au cadeau home made, en généralement, la proportion se situe à un cadeau acheté pour deux cadeaux fait avec mes petites mains (tellement plus gratifiant). Voilà les principales pistes " matérielles " que j'explore actuellement pour Annica. Tout en continuant dans ma logique personnelle du don, ce qui ne me sert plus, ne me va plus, ne m'intéresse plus profitera forcément à d'autres ...

D'un point de vue "humain", c'est plus complexe. je suis encore très polluées par " Dukkha", dont je vous parlerez prochainement, mais j'essaie au maximum de me "relier". Moins de biens, plus de liens, comme dirais l'autre. J'essaie de ne pas me renfermer sur moi-même, de m'ouvrir aux autres, de partager, d'échanger, et de défendre les valeurs qui me tienne à coeur comme l’entraide, la fraternité, l’amitié, la justice, la générosité. J'essaie de sortir de mes travers relationnels avec mes proches en tentant de m'affranchir de mes peurs, de mes inhibitions et de mes "habitudes" mais ce n'est pas évident. Je n'ai pas encore de pistes vraiment concrètes à vous fournir, hormis l'idée que la reliance est sûrement le plus bel aspect de l’impermanence, si les choses ne sont pas figées, si les relations changent, si rien n'acquis alors nous pouvons utiliser cette force transformatrice pour faire évoluer les mentalités, les individus et l'environnement dans lequel nous vivons.

Et vous ? Que vous inspire le concept impermanence ? Cela vous angoisse t'il ? Cela vous aide t'il à prendre du recul sur votre situation ? Pensez-vous qu'il s'agisse d'une piste de réflexion intéressante ? Comprenez- vous les bienfaits que l'on puisse tirer d'une telle conception des choses ? Cela vous semble t'il applicable dans une société consumériste comme la notre ? Pour vous, le contentement mène t'il à l'immobilisme ? Dîtes moi tout !




6 commentaires:

  1. Article très intéressant, c'est vrai que je n'avais jamais "réfléchis" à cette vérité de l'impermanence des choses ... et, effectivement, elle prend un tout autre sens selon qu'on soit pessimiste ou optimiste ...Alors, on va dire que, si les choses plaisantes ne durent jamais éternellement, alors il en va de même pour les choses déplaisantes et difficiles ! :)
    Et pour ce qui est de faire avec ce que l'on a, mon père me dit toujours " plutôt de penser à ce que tu n'as pas, pense à ce que tu peux faire avec ce que tu as" ... J'arrête toujours de râler quand je pense à cette phrase ! ^^

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    1. Pas de bol pour moi, je suis pas d'une nature très optimiste ( c'est une caractéristique familiale ^^') mais ça ne m'empêche pas de cogiter sur une autre manière d'envisager la vie ..Ps : Ton père a bien raison !

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  2. Coucou,
    C'est vrai que ce n'est pas facile d'appliquer Anitya dans cette société ultra prévoyante et sécuritaire ...il y a toujours des " on ne sait jamais" , des " au cas où ".. ça maintient l'homme dans un état de vigilance constante, il ne peut même pas profiter de ce qu'il a, toujours à se perdre en conjonctures et à imaginer de multiples scénarios qui pourraient se produire si je ne fais pas telle action ou telle tâche ... C'est vrai qu'Anitya est un concept assez vaste qui englobe pas mal d'autres idées ..il y a l'idée du contentement, de faire avec ce que l'on a, de profiter de l'instant présent ... En tout cas, c'est très intéressant de suivre ton cheminement ! :)

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    1. Oui, j'ai du mal à être sucinte dans ce billet parce que les concepts bouddhistes sont loin d'être simplistes, j'ai l'impression qu'ils sont tentaculaires, en fait. Une idée en amène une autre qui en amène une autre ...

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  3. Bon, je ne suis pas bouddhiste mais y a des choses qui m'inspirent pas mal dans leur philosophie ! Cela me parle pas mal cette histoire de simplicité volontaire , moi, j'ai adopté la "sobriété " heureuse de Rabbi ( privilégier les achats malins (commandes groupées, promotions, soldes), offrir une seconde vie aux objets en les réparant plutôt qu'en achetant du neuf, échanger des services, faire du covoiturage ,me faire prêter des produits plutôt qu'accumuler du matériel) , au final, je pense qu'on trouve tous nos clefs du mieux vivre dans de "grandes philosophies de vie". Une chose est sûre, l'accumulation des choses ne nous rend pas plus heureux et il existe autant de façons que d'hommes de se dégager du superflu. Mon grand truc, en ce moment, ça serait d'avoir une tiny house dans les alpes, avec un beau jardin , un potager, des poules et pourquoi pas une ou deux chèvre pour faire du lait et du fromage ( je suis une dingue de petit billy ! mdr ) , je sais pas trop comment je vais y arriver, mais c'est mon objectif alors je vais dans se sens, et j'ai décidé de passer outre les mauvaises langues, parce que, comme tout le dit si bien, tout peut bien s'arrêter demain !

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    1. Je connais Rabbi, j'aime bien sa philosophie de vie aussi. Je te souhaite de parvenir à ton rêve ! :)

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