lundi 11 janvier 2016

Un jour ... j'ai foutu la paix à mes bourrelets.




Bookends and Daisies Photography



J'ai déjà évoquée plusieurs fois mon agacement face aux pré-jugés et à la lecture arriéré que certains faisaient (corps médical inclus) du surpoids. Non, le surpoids ce n'est pas forcément quelqu'un qui mange trop et ne se dépense pas assez, mes bons amis. Ainsi, si on est rond, ce n'est pas entièrement ( pas toujours, en tout cas) de notre faute et il suffit pas de modifier notre comportement pour que cela change. Je vais vous dire pourquoi...

Mon poids, c'est ma carapace. Il y a ce fossé entre moi et le monde extérieur, je veux tellement aimer et approcher les autres .. mais ça m'a tellement fait souffrir aussi que j'ai peur. Vraiment. Mon enfer, c'est les autres. Et pourtant, je ne demande qu'à être appréciée. Reconnue. Valorisée. Tout ce que je voulais, c'est qu'on m'aime. Par chacun de mes mots, de mes gestes, de mes choix.  Mais ce n'était pas le cas. Alors, je camoufle de cette façon mon insécurité à être exposée, à être vulnérable, évitant ainsi d'être touchée et blessée par des remarques, par des critiques ou par des situations qui me sont inconfortables. Il peut s'agir de toutes les situations où je sens que l'on m'agresse ( ma graisse ..) et croyez moi, elles sont devenues nombreuses. Cette graisse, cette couche isolante et protectrice qui absorbe la méchanceté du monde ...

Mon poids, c'est aussi mon vide intérieur. J'ai toujours ce sentiment d'abandon. Partout, tout le temps. Quand j'ouvre les yeux le matin et quand je les ferme le soir. L'impression d'être délaissée, d'être sur la touche et même sur le carreau, de ne pas avoir su négocier un virage et de maintenant être incapable de revenir dans la course. La nourriture compense la solitude et l'isolement. Je suis toujours aussi dépendante des autres, dans le besoin de leur amour alors que ça m'a toujours rendu malheureuse. J'ai honte d'être aussi faible. Je suis en colère contre moi-même d'être aussi peu autonome. J'aimerais être capable de vivre ma vie sans personne, de ne dépendre de rien, de ne pas faire reposer mon bien-être sur mes proches.. Mais je n'y arrives pas, alors, je comble. Cette vie pleine de vent sera bien adoucie par quelques chocolats ..

Mon poids, c'est les impondérables que je ne supporte pas. De même que toutes les choses qui me sont imposées. J'ai toujours le besoin vital de m'imposer pour m'affirmer ou pour éloigner les autres ( ce qui est totalement incohérent avec le premier et le deuxième points mais je ne suis plus à un paradoxe près ). L'éloignement ... des hommes aussi. Perdre du poids m'exposerait aux avances. Me rendrait plus attirante pour la gente masculine. Cela ne m'intéresse pas, cela me met mal à l'aise et cela me fait peur. Je serais incapable de gérer ça . Plus on est imposant, moins on est prédaté. Ainsi va la vie. Ce poids, mon armure bis. 

Mon poids, c'est mon insécurité. Je suis insécure tant au niveau affectif qu'au niveau matériel. J'ai besoin de tout avoir et d'emmagasiner le plus possible pour faire face aux " pénuries ". Je veux tout posséder, tout avoir " au cas où ". Il faut toujours avoir " des réserves ", on ne sait jamais. Mon corps, c'est ma résistance aux coups durs de la vie. Ma bouée de sauvetage. Un ballon qui flotte. 

Mon poids, c'est tous les projets avortés. Toutes ces choses que j'ai dû abandonner, auxquelles j'ai du renoncer pour des raisons plus ou moins valables et en tout cas très personnelles. J'ai dû abdiquer et ça m'a brisé le coeur. J'ai dû laissé tombé des projets qui m'étaient cher ( comme les enfants par exemple ) et de ce fait, je me considère comme une trouillarde, une lâche et une perdante. J'ai l"impression que je ne fais pas le poids face aux situations. Je cherche un but à ma vie, je cherche quelque chose à accomplir de bien, je n'arrive pas à prendre ma place avec mes paroles et mes actes alors je prends plus de place avec mon corps physique. Je me sens limitée par rapport à différents aspects de ma vie ( et dans mes ambitions ). Ce sentiment de limitation ... m'oblige t'il à l’expansion physique ?

Mon poids, ce sont mes croyances. Une personne en surpoids est une personne dite "forte". Et moi j'ai de plus en plus l'impression qu'il faut être fort pour réussir et survivre dans la vie, ce que je ne suis pas. Du moins, pas autant que je le voudrais. Je donne un peu le change, mais c'est du flan. Alors, je me dois bien d'être plus imposante physiquement pour être en mesure de m'imposer dans mes relations et prendre ma "part du gâteau ". 

Mon poids, c'est toutes ces choses, pensées et émotions accumulées.Le jour où je serais légère comme une plume, je ne serais plus moi. Alors j'aimerais qu'on m'explique comment manger plus de légumes verts et faire deux heures de sport par semaine pourrait bien changer la donne. Et puis, comme le dirais une amie, "ne passe pas ta vie à regretter tes rondeurs, tu auras l'éternité pour être un sac d'os". 

Et vous ? Pensez-vous que le supoids est avant tout d'origine psychologique ? Le reflet de douleurs morales ? Ou alors est-il plutôt synonyme de bonne vivante , d'une personne qui aime profiter des plaisirs que la vie lui offre ? Que pensez vous du culte de la minceur dans notre société ? Un corps mince est il obligatoirement un corps sain ? Se battre continuellement pour maigrir vous semble t'il en valoir la chandelle ? Seriez-vous mieux dans votre corps si les bourrelets étaient moins diabolisés ? Dîtes moi tout ... 


6 commentaires:

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  2. Coucou ! Bravo pour ce bel article bien écrit. Je suis future diététicienne, et c'est ce à quoi je vais devoir faire face plus tard. Il peut y avoir plusiuers raisons au surpoids, d'abord physiologique, ben oui on est pas tous égaux là dessus. Certains vont grossir en mangeant un sandwich d'autres vont rester stables, c'est pas juste mais c'est comme ça... y a aussi l'alimentation, c'est sur que quelqu'un qui grignotte tout le temps... les facteurs environnementaux (stress...) et beaucoup de psychologie. Et non une personne mince n'est pas forcément en bonne santé, et au contraire une personne ronde peut péter la forme :) Pas facile de lier Plaisir, équilibre et bien être :) en tout cas bravo à toi ! et bonne journée :*

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    1. Merci beaucoup Léax ! La diététique est une science qui m'a toujours intéressée, d'abord par obligation puis par franche curiosité, c'est un métier qui m'aurait beaucoup plus si je n'avais pas été une bille totale en science et en maths x) Je te souhaites de réussir dans cette voie ! C'est super que tu t'intéresses à l'aspect psychologique du surpoids car c'est très culpabilisant et pénible ( pour une personne mince, ça vaut aussi, quand on les sommes de grossir et qu'il n'y arrive pas) d'entendre qu'on doit se "bouger" pour changer les choses alors qu'on a déjà à peu près tout fait pour sortir des zones critiques de ce foutu imc.

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  3. Je pense que les soucis de poids ont généralement une source psychologique. L'alimentation peut jouer un rôle, mais ça va plus loin que ça.
    Dans ma famille, il y a beaucoup de personnes rondes et qui ont pourtant une alimentation saine, qui sont bien moins gourmandes que moi qui ne sait pas résister aux sucreries et qui pourtant galère à prendre quelques kilos. Le métabolisme, ce traitre.
    Le fait d'être du genre nerveuse, de nature angoissée doit aussi avoir un impact, soit ça te bouffe, soit ça te fait prendre du poids...
    Perso, j'aurais préféré être ronde, je trouve ça plus joli... J'ai souvent eu l'impression de ne pas être une vraie femme car j'ai pas l'occasion de me dire "merde, faut que je perde 2-3 kilos" ou des préoccupations de ce genre. Après, l'essentiel c'est quand même de se sentir bien dans sa peau je pense, et que le poids qu'on fait ne représente pas un danger côté santé (comme dans le cas d'anorexie ou d'obésité mortelle) Perso, il y a des jours où je me sens "bien", et d'autres où j'ai envie de chialer devant le miroir, c'est pas toujours simple de s'accepter.

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  4. Oh mais c'est ma phrase ! *-*
    Ravie de la lire dans un de tes billets !
    J'ai lu une phrase qui m'a fait beaucoup rire récemment c'est " j'ai essayé de suivre un régime ... mais il courrait beaucoup trop vite, ce con" Blague à part, je trouve que c'est un bon billet cet article, cela permet de remettre des choses en perspective !

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  5. Bonsoir,

    Cela fait longtemps que je vous lis et ce n'est que mon premier commentaire mais je voulais vous dire merci parce que depuis peu, j'pensais à mon obésité et j'en suis arrivée à la conclusion dont vous venez d'faire l'article.

    Merci de mettre des mots sur mon ressenti.

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