mardi 15 décembre 2015

Un jour ... l'enfant unique est devenu un argument écologique.




Colors!:


J'ai lu récemment un article de Michel Gissy , biologiste de formation et ancien journaliste, sur la dimension démographique des problèmes environnementaux. Dimension démographique totalement occultée et pourtant primordiale dans ce grand défi planétaire. Noyée entre les gazs à effets de serre, la pénurie de pétrole et la sortie du nucléaire.

(Je précise que je ne fais pas partie des dé-natalistes, au contraire, mon kiff, c'est les familles de quatre enfants, c'est une configuration familiale qui me fait rêver, mais comme on dit, entre les rêves et la réalité ...).

En effet, pendant les douze jours de la COP 21, la population mondiale se sera accrue de 2.5 millions d'habitants. Autant d'humains qui voudront accéder à notre standard de consommation ( y a pas de raison, et je ne les blâme pas pour ça, après tout, moi, j'en profite bien !)  tout en continuant à peser sur les ressources de la planète.

Nous sommes actuellement plus de 7.5 milliards d'habitant et la stabilisation de la population humaine n'est clairement pas prête de se faire quand on sait que le taux de fécondité en Afrique culmine à 7.6 enfants par femme et ne descend que très rarement en dessous de 4. Mais laissons à César ce qui est à César et penchons nous sur ce qui nous touche de près.

La France elle même dépasse les 66 millions d'habitants (quand je pense que l'écologiste René Dumont avait annoncé que 25 milions d'habitants serait la charge maximale que la France pourrait supporter sans mettre en péril ses ressources, j'ai la jaunisse) . 66 millions, c'est beaucoup, mais apparament, ce n'est pas assez puisque la courbe ne cesse de monter avec un excédent annuel des naissances estimée à 160000 enfants.

Mais qui dit population croissante, dit dommage collatéraux, avec diminution des espaces cultivables, des champs, des forêts et, à moins de se nourrir de béton, de goudron (ou de cet argent durement gagné- ou pas) j'ai de plus en plus de mal à concevoir qu'on puisse passer à côté de la famine et de la pénurie d'eau si la tendance démographique n'est pas infléchie. La dérive démographique met en péril notre environnement et il serait tant que certains sortent leurs nez des chiffres pour s'en rendre compte.  Cette religion de la croissance tellement adorée des occidentaux commence à nous montrer ses effets pervers, en effet, si on part du principe que croissance des familles = croissance économique = bonheur. On a tout bon . Mais ce qui fut vrai par le passé, ne l'est plus forcément aujourd'hui. Comme nous le démontre le marasme économique qu'on se traîne depuis dix ans ...

Puisqu'il faudra, de toute façon , stabiliser la population de notre pays ( et celle des autres, mais chacun son job ), j'espère qu'ils le feront avant d'y être contraints par un désastre qu'il soit d'origine sociétale, économique ou de quelque nature que ce soit. Déjà en 2009, l'UNFPA avait annoncé que le réchauffement climatique ne pouvait être endigué que par une réduction massive de la population mondiale.Quasiment au même moment, un rapport, élaboré par la London School of Economics (LSE) à la demande de l'Optimum Population Trust (OPT) estimait que le moyen le moins coûteux de résoudre le problème du réchauffement planétaire serait de réduire la population mondiale de 500 millions d'individus d'ici 2050.

Je pense que cette question taboue méritait de revenir sur le tapis puisqu'elle deviendra rapidement une nécessité. L'accroissement de la population, l'épuisement des ressources naturelles non renouvelable, la dégradation de notre environnement sont des questions qui ne peuvent plus être traitées de manière ponctuelle ni de manière indépendante les unes des autres. Comme le dit l'ONU, "des modes viables de consommation et de production ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable".

Alors s'il n'est pas question, en tout cas pour moi, de mener une politique répressive comme celle de la Chine ( qui vient justement d'assouplir cette dernière, comble de l'ironie), j'estime qu'une politique des naissances visant à inciter les femmes à n'avoir q'un seul enfant ou de se contenter au maximum d'atteindre le seuil de renouvellement ( donc si vous calculez bien : deux enfants par famille) me semble une option raisonnable à condition qu'elle soit suivie, comprise et appliquée par le maximum de pays possible.

Malheureusement, j'ai comme l'impression que cette prise de conscience sera encore plus longue à venir que celle concernant les urgences environnementales.Cela sera un processus lent, qui passe par l'éducation et se heurtera à des obstacles politiques et culturels, plus encore que religieux. Ce qui est inquiétant quand on sait que certains scientifiques prédisent une population mondiale de plus de onze milliards en 2050, si aucune mesure concrète n'est prise rapidement. On sera alors loin du chiffre écologiquement viable de l'ONU.

Et vous ? Que pensez vous de la corrélation démographie - problème environnementaux ? Seriez vous opposé à une limitation des naissances ? Pensez-vous qu'on puisse encore revenir à l'équilibre démographique avant qu'il ne soit trop tard ? Ou, au contraire, la solution à nos problèmes écologiques ne se situe absolument pas dans ce registre ? Que vous inspire ces études ? Dîtes moi tout !


8 commentaires:

  1. Cela me fait penser à ce député écologiste qui avait demandé aux femmes de n'avoir que deux enfants pour préserver l'environnement ... Certains trouvent égoïste de vouloir limiter le nombre des naissances, sauf qu'à mon sens c'est plutôt dans l'autre sens que c'est égoïste. De faire des enfants sous prétexte qu'on en a " le droit" sans penser un peu plus loin que le bout de son nez et tant pis si au final, tout le monde trinque ..En tout cas, ce n'est pas moi qui va impacter négativement la planète, au contraire, je serais bien en dessous du seuil de renouvellement ! PS : J'aime de plus en plus ton blog parce qu'il a au moins le mérite de soulever des questions dérangeantes ...

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    1. Merci ! ♥
      J'aime les questions qui dérangent mwahahahaha ( même si c'est dur de trouver des interlocuteurs de fait ...)

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  2. Pour moi, la question d’avoir ou pas des enfants ne s’est jamais posée. Du moins pas en ce terme, tellement c’était une évidence, et ce l’a toujours été. Pourquoi ? Ben parce que, point barre. La question c’était plutôt « vais-je trouver avec qui ? » et " dans quelles conditions matérielles ?" . J'ai du attendre un moment avant de réunir toutes les conditions requises (selon moi) mais je n'ai jamais (jamais, jamais ..) penser un seul instant à l'aspect écologique de la chose. Maintenant que j'ai mon fils, je suis comblée et je ne pense pas à en avoir d'autre, ouf, me voilà sauver de la culpabilité de détruire la planète ...

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    1. C'est justement ce que je voulais éviter, que les mères ( et les parents en général) pensent que je les culpabilise ... Je suis désolée si je t'ai froissée avec cet article !

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  3. Effectivement, ne pas procréer, c’est une décision qui, passée à l’échelle de toute la population, amène à la fin de l’humanité. Or ce n'est pas de cela que l'on parle. On ne parle pas d'interdire la famille mais de revoir le modèle de base de la famille. Deux enfants, c'est déjà une famille non ? Même un, c'est déjà une famille. Anaëlle restera fille unique, pour d'autre raison que l'écologie, mais je pense que les gens qui ne font pas d'enfants pour cette raison uniquement n'ont clairement pas toutes les infos en main ... Avoir une grosse voiture, ou, de manière plus générale, vivre comme un américain, c’est la même chose : il faudrait 4 planètes Terre pour contenter l’humanité (dans sa population actuelle) si tout le monde vivait comme ça.

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    1. Bon, c'est sûr que si tu dis que tu fais pas d'enfants pour sauver la planète mais que tu sur-consommes comme un dingue, tu manques soit de cohérence, soit de crédibilité, soit tu te cherchais simplement une excuse à ton non désir d'enfant ( ou les trois ..). N'empêche que .. je ne suis pas une extremiste de l'écologie mais la sur population est quand même un argument qui me parle ...

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  4. Je ne sais pas si c'est vraiment un argument écologique. La revue Environment and Urbanization a publié une étude montrant qu'une augmentation des naissances n'entraîne pas forcément une augmentation des émissions de gaz carbonique, bien au contraire. L'Afrique subsaharienne est à l'origine de 18,5% de la croissance de la population mondiale en quinze ans, pour 2,4% de l'augmentation des émissions de CO2, quand les Etats-Unis ne représentent que 4% des naissances et 14% des émissions nouvelles... je suis assez d'accord avec Magoo. Si tu fais peu d'enfants mais qu'à côté de ça, tu consommes et pollues d'une autre façon, le débat est nul ... Il faut être à la hauteur de ses convictions. Mais, en effet, c'est une question qui reste ouverte ...

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  5. haha, marrant on parlait de ça avec mon mari la semaine dernière!
    Pour moi, la sauvegarde de l'humanité et de la planète passe forcément par des efforts consentis (voire des sacrifices au "confort" ou à notre égoïsme individuel), et ce dans tous les domaines... Démographie, consommation, pollution, mode de transport, de chauffage (...).
    Il faudrait tout repenser pour limiter au maximum notre impact sur la planète et pouvoir continuer à y vivre, tout simplement.
    Nous avons depuis longtemps décidé de n'avoir "que" deux enfants, juste pour "nous remplacer". Et par ailleurs nous sommes plutôt raisonnables/économes/modestes dans nos achats. Le minimalisme tend à se développer, et c'est tant mieux! Ceci dit ce n'est en rien un sacrifice, c'est juste une autre façon de voir les choses. Une autre philosophie de vie en quelque sorte.
    Ce qui est un peu déprimant, c'est de se dire que pour que ce soit un petit peu visible, il faudrait que des efforts soient réalisés à l'échelle planétaire. Et on en est très loin.

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