samedi 19 décembre 2015

Un jour ... je me suis lassée des vies parfaites de la blogosphère.

Helena Davey
Joyful Hourney Photography 



Avant, je lisais les articles de la blogo avec une certaine curiosité, une envie de m'ouvrir l'esprit et pourquoi pas de mener des débats sur des questions aussi cruciale que la meilleure crème hydratante pour les peaux à problèmes.

Et puis, tout doucement, je me suis sentie jugée. Évaluée.Suspectée. Condamnée.  Indirectement bien sûr, mais quand même.

Cela à commencé sur les questions de nutrition.

Avec le healthy food. Même si je suis très contente que des personnes se préoccupent de leur alimentation et de leur santé à travers elle, je me suis vite retrouvée envahie par cette tendance et tout aussi vite agacée par la pression qu'elle fait peser sur mes repas. Et l'angoisse devant l'assiette, bonjour, je vais vraiment avoir le cancer des truc bidules si je mange ce beignet ? Je n'aime vraiment pas qu'on me matraque le cerveau avec des propagandes pour le " manger sain, c'est bien, le fast food, c'est la loose" avec des campagnes dignes des lobbies de l'agro-alim'  (que, paradoxalement, ces mouvements dénoncent souvent). Je n'aime pas non plus ce que cette tendance me renvoi comme image de moi même. En gros, comme j'ai préféré manger cet énorme hamburger avec des frites à midi (et qu'en plus j'ai mangé des pim's au citron avec le café) au lieu de m’engouffrer une salade et une bonne detox' water (aussi tout un concept ce truc ..) , je ne suis qu'un gros tas qui va finir par mourir étouffée dans sa graisse.

A la limite du méprisant. Ne pas être healthy (ou ne pas réussir à l'être aussi parfaitement bien que les miss parfaites de tumblr qui ne connaissent même pas le mot nutella ou croissants , purée, j'ai engloutis deux viennoiseries ce matin, honte à moi ... satan, cellulites, calories ... finira seule manger par ses bergers allemands), c'est donc être nulle, inconsciente et paresseuse. Et ouais. Rien que ça. Du coup, pas de bol, mais plutôt que de m'inciter à manger sain et mieux ( locavore, végé, vegan, bio, dissocié, paléo, ce que tu veux) et bien, ça renforce mon esprit de contradiction ( et ma résistance aux pressions extérieures) et .. l'effet recherché à la base s'annule.

Je peux dire pareil sur le sport. Sur la blogo, le sport, c'est la vie. La cerise sur la gâteau. Le truc qui fait que t'es une fiiiille qui déchiiiiire.  Si t'as pas fais le boot camp d'Orsoni, autant te dire que ta vie est finie. Que t'es socialement infréquentable. Pareil si tu ne fais pas de running, de yoga ou quoi que ce soit qui s’apparente de près ou de loin à du sport. Alors cher blogglonaute, on t'encourage, on fait des groupes de soutient, on te fait miroiter les jolies tenues de sport; les gadgets hi-tech  et les fesses galbées que tu pourras exhiber dans tes billets ( après avoir craché tes deux poumons et t'être fais trois claquages du petit orteil) et on te tape sur les doigts (ou on te fais les gros yeux) quand tu annonces publiquement que toi " le sport, c'est bof" * teamglandagesurcanapé* ( d'ailleurs t'en as toujours une pour te dire " moi aussi j'étais comme toi avant et puis un jour ..".). Hum. Oui mais non. Je suis très contente pour vous si votre kiff ultime c'est de perdre 3 kilos de flotte en remuant du popotin sur Shakira mais laissez moi mourir en paix dans les coussins moelleux de mon fauteuil, merci.

Du coup, je ne lis plus les articles nutrition et je ne lis plus les articles forme depuis un moment.

Cela aurait pû s'arrêter là mais récemment, y a eu comme un pavé dans ma marre avec l'article de Djouliou en section humeur sur le fait de passer à côté de sa vie. Je fais partie de ces gens là. Et ouais, comme elle dit c'est inquiétant. Sauf qu'à la manière dont est écrit son billet, je sens bien que tout est de ma faute, parce que comment dire, je profite pas assez, je ne multiplie pas les rencontres et puis ben, je prends pas ma vie en main, quoi. Je rigole ou je pleurs ? Non, allez, plutôt un gros LOL, bien ironique.

Il va falloir qu'on m'explique comment je profite de la vie avec une maladie chronique invalidante qui me cloue dans mon lit toutes les deux semaines ? Comment je fais pour planifier des weeks ends et des semaines entière à voyager, quand t'as pas de sous sur ton compte en banque et que même t'acheter des fringues devient accessoire ? Hummmmm ? Comment je fais quand la fatigue me flanque par terre et que même les courses deviennent un calvaire ? Comment je fais pour réaliser mes rêves qui ont forcément tous un coût alors que je suis entrain de me dire qu'on devra sans doute vendre la maison de ma mamie que je chérie tant parce qu'elle est trop lourde à assumer financièrement ?

Et puis, les prises de décisions, parlons en.

Des décisions, surtout d'un point de vue pro, j'en ai pris des centaines. La décision de partir, la décision de me ré-orienter... seulement, dans la vie, y a un truc pénible qui s'appelle contraintes extérieures. Des charges à payer, un frigo à remplir alors les chemins à empreinter, ils se limitent d'eux même. Et puis ensuite, t'as la conjoncture, un truc pas fun non plus. Alors ouais, j'ai pris la décision de changer de boulot, je me suis donné toutes les cartes en main pour y arriver (même la conseillère mission locale m'a dit qu'elle n'avait jamais vu de gens aussi motivé que moi) et le fruit de mes efforts ? Un service civique accepté à la va vite, parce qu'il fallait bien faire un truc et rentrer des petits sous ... Bien loin de mon envie de départ. Et cela n'a rien à voir avec mon apport de motivation personnel, ce sont toujours les autres qui ont mis des limites dans mes projets.

Bref. Je sais bien que ce ne sont que des conseils, des opinions, des partages d'"expérience " mais la le ton et la manière dont les choses sont tournées la majeur partie du temps me donnent simplement envie de rétorquer " et tu peux t'occuper de tes oignons aussi, une fois ? ". Peut-être que je suis trop susceptible, peut-être que je l'opinion des autres trop à coeur, peut-être que je ne me sens pas à la hauteur ( régulièrement, face à la vie parfaitement parfaite des bloggeuses et des instragrameuses, je me dis que ma vie est d'une platitude et d'un inintérêt sans nom). En gros, j'ai l'impression continuelle d'être une looseuse. En fait, t’as même plus le droit de ne rien faire tranquillement chez toi tellement les autres se chargent de te montrer qu’ils sont en train de vivre un moment génial, d'avoir une vie géniale, d'être au top de la forme… et pas toi. Cela commence à m'agacer prodigieusement. Parce que même si je sais que c'est factice, je ne peux pas m'empêcher de me demander pourquoi ma vie ne ressemble pas aussi à ça ...


Et vous ? Comment vivez- vous la pression des réseaux sociaux ? La vie parfaite des bloggeuses vous amusent elle, vous agacent elle, vous plombent elle le moral ? Faites vous partie de ces filles qui ne montrent que le positif de leur vie sur leur blog, si oui pour quelles raisons ?N'avez vous pas l'impression de passer à côté de la vraie vie en faisant ça ?  Avez vous tendance à suivre les conseils lancées par les bloggeuses ou au contraire, pas du tout ? Dîtes moi tout ?

13 commentaires:

  1. Je comprends tout à fait ton ressentit. Pour ma part, je garde une certaine distance face à tout cela, car souvent les gens ne montrent que le côté positif de leur vie et il y a parfois un genre de surenchère qui m'ennuie.(Puis, j'ignore si c'est par esprit de contradiction, mais j'ai toujours détesté tout ce qui est effet de mode.)

    Tu sais, je ne mange pas healthy moi non plus (et j'espère sincèrement que mon berger allemand ne finira pas par me bouffer), le sport j'en fais tous les 36 du mois pour le moment, ma vie est encore loin d'être parfaite même je travaille à ce qu'elle colle davantage à mes envies... Bref, le truc c'est que tout le monde est différent, on ne peut pas prétendre savoir qu'on sait ce qui rendra quelqu'un heureux ou qui fera que ladite personne passera ou pas à côté de sa vie.

    Je pense que pour se sentir bien, il faut surtout éviter de se comparer aux autres. On a le droit d'être différente, de mener la vie qu'on souhaite, avec nos propres idéaux,... et puis il faut tenter de voir les moments difficiles comme des parenthèses qu'on tentera de gommer petit à petit.

    Je vais arrêter mon commentaire là, sinon je vais t'écrire un roman x)

    Des bisous ma Di' <3

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    1. Ah pour les petits moments difficiles, j'en ai tellement actuellement que je ne sais plus où donner de la tête pour les "gommer" ni même par lequel je dois commencer .. dès que j'ai presque fini d'en effacer un, y en a un autre qui en remet une couche ...

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    2. Je comprends, c'est vrai qu'il y a des périodes plus ou moins longues où on a l'impression que rien ne va, c'est comme une spirale infernale... Mais garde espoir, même si c'est éprouvant, on finit toujours par apercevoir un petit rayon de soleil au bout du tunnel <3

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  2. Ton article est juste parfait. Je pense comme toi pour le coup, du début a la fin !
    Personnellement, le pseudo vie parfaite des blogueuses je m'en contre fiche. Parce que ce n'est tout simplement pas comme ça que moi je vois la vie. Et je suis bien heureuse de ne pas "céder" à cette mode. Parce que oui, c'est une mode.
    Je ne pense pas qu'elles vivent toutes comme ça :P

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    1. Non, je ne pense pas non plus mais d'un autre côté quand on ne te parle que de voyages en grèce, de ton boulot formidable d'illustratrice de carte de vœux ou d'éleveuse de licorne et de tes enfants-chérubins parfait élevés en plein air dans du catimini, forcément au bout d'un moment ..t'as un peu les boules de partir dans en vacance à triffouillis les oies, de ton job où tu frôles le bore out et de tes fringues Tati ...

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  3. Le problème d’Instagram, c’est le décalage qui se crée entre notre vraie vie et la vie rêvée qu’on s’amuse à poster. On est tous censés le savoir et prendre la vie du net ( et des paillettes ! ) avec des pincettes, mais soyons honnêtes, on oublie tous de prendre du recul ...Personnellement, je préfère me concentrer sur les moments que je vis vraiment !

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    1. Je te rassure, ce matin, je me suis super bien concentrée sur mon bol de fitness k, sur mon pyj informe et sur mon furoncle au coin des lèvres ( trop de stress nuit à la santé dermatologique ..), ben ça jette pas plus de paillettes que d'habitude ...

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  4. On peut aussi le voir en sens inverse. Je connais une fille qui était un peu déprimée par ça aussi à la base ( et par sa vie, en même temps), ben du coup, par esprit de compétition, elle s'est obligée à faire des choses pour remplir son insta et pour avoir des choses à raconter sur son blog lifestyle , à prendre soin d'elle etc. et elle s'est sortie comme ça de son marasme ... à effet pervers, on peut opposer de bonnes choses !

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  5. Je n'ai pas de blog, pas Facebook, pas twitter, pas de compte instragram et je m'en porte très bien. J'aime beaucoup lire la blogo, mais que des gens comme toi, qui parle aussi des choses qui dérangent, qui n'ont pas peur des débats, d'afficher des faiblesses, je vais sur Pinterest qui me fait bien plus rêver qu'Insta, trop peu authentique pour moi ... Après, même si moi ça ne me plait pas, je ne me sens pas spécialement complexée par ces filles qui occultent les petits malheurs du quotidien dans la sphère internet ... Par contre, ce que je n'aime pas, c'est les donneuse de leçon et les bien pensantes. Je lisais l'autre jour une instragrameuse qui disait aimé cette évolution des photos ( les photos parfaites, avec l'angle et le détail qui va bien ) mais qui ne supportais pas les jalouses qui disait qu'instragram les faisaient se sentir mal ...C'est un non sens. Il faut qu'on respecte qu'elle aime instragram sous cette forme parce que ça lui remonte le moral de voir des jolies photos mais elle même ne respecte pas celles que cela agace...

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    1. Ah la fameux adage, voir la paille dans l'œil du voisin avant de voir la poutre dans le sien ...

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  6. D'un autre côté, personne ne se dit que ça vie ne sera pas trop mal. On pense tous, au fond, qu'elle sera géniale. On a beaucoup d'espoir pour le chemin que l'on va tracer, la manière dont on va vivre notre vie, ce qu'on va réaliser, les gens que l'on va impacter ...C'est normal de se sentir lésé quand nos espérances ne se réalisent pas. Ou de sentir minable quand d'autres que nous ont les mêmes espoirs que nous et les réalisent alors qu'on en ait encore à attendre que quelque chose se passe, que, malgré tout nos efforts, rien ne se concrétise ...il faut tenir bon, parce que quelque fois, alors qu'on pense qu'on est dans la pire des configurations , quelque chose d'extraordinaire se produit ...Il faut garder espoir !

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    1. Oui, c'est exactement ça, comme si une vie banale n'avait pas même droit de citer ...

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