lundi 23 novembre 2015

Un jour ... j'inventerais une thérapie génique du bonheur.


“Throw your dreams into space like a kite, and you do not know what it will bring back, a new life, a new friend, a new love, a new country.”:
Pinterest Photography 

Il existe un gène du bonheur.

Si, c'est vrai et non, je ne me paie pas votre tête.

Le gène qui fabrique les neurotransmetteurs comme la dopamine ou la sérotonine (responsable des humeurs) est la clef de toute cette affaire. Plus ce gène est long, moins il en sécrète.Ce qui explique que nous n'avons pas tous les mêmes prédisposition au bonheur (chez moi, il est clairement atrophié vu mes antécédents familiaux) .Ceci dit, cette petite particularité génétique ne compterait que pour 50 % dans notre capacité à être heureux. Dans les 50% restant, il y a 10% d'aléas extérieurs (notre histoire personnelle, nos blocages inconscients, les difficultés de la vie ...) et 40% qui sont liés à notre interprétation de la situation. Autrement dit, au regard que nous portons sur la vie.

Cet état de sérénité et de bien- être, qui parfois nous tombe dessus sans crier gare, est donc quelque chose qui se cultive. Etre heureux, c'est choisir de le devenir même si cela ne va pas toujours de soit. Car nous pouvons agir sur les 40 % qui restent. Et oui ! ( je suis comme vous, je suis sur le cul..).

Souvent j'ai pensé (et ça m'arrive encore parfois) que pour que je sois heureuse, il faudrait que je change ma vie. Je me focalise souvent sur ce qui ne va pas, sur ce qui manque, sur ce que je n'ai pas (ou pas assez à mon goût) ... Et je constate qu'on fonctionne plus ou moins tous pareil. Ceci dit, à la réflexion, je ne pense pas que ce soit ça qui va changer mon sentiment de bonheur puisque j'arrive très bien à l'être parfois sans que ma situation "matérielle" ait changée. Et qu'il existe partout dans le monde des gens très pauvres qui sont heureux. Comme dirait l'autre, l'argent ne fait pas le bonheur !

Bien sûr qu'on ne peut pas être tous les jours radieux et d'un optimisme sans faille. Bien sûr qu'on a le droit d'être ronchons ou tristes, d'ailleurs, il serait stupide de penser que le bonheur, une fois acquis, est une situation permanente ( tout comme le malheur d'ailleurs, même si ça me semble plus "facile" d'être malheureux à 100% du temps ..). La vie comporte des aléas, des joies, des peines, des chances et des malchances ...Cependant, entre celui qui aborde le problème dans l'aigreur et dans la rancœur et celui qui sourit malgré les difficultés et qui sait prendre la vie du bon côté malgré les coups durs ..

Y pas vraiment à tortiller pour savoir qui s'en sortira le mieux.

Il faut quand même qu'on intègre à un moment ou à un autre qu'on ne peut pas faire tout ce qu'on veut et qu'on ne peut pas obtenir tout ce que l'on convoite (je vous assure, ça enlève une épine du pied) et que les difficultés font partie de la vie. Sauf que (et c'est là qu'on signe tous coupable généralement), chaque jour apporte aussi son lot de plaisir et ses moments de joie. Pour peu qu'on sache les voir !

Notre cerveau doit apprendre (et il en est capable !) à détecter le bonheur, partout où il se trouve et même dans les choses les plus infimes du quotidien.Puisqu'il passe son temps à donner du sens à ce qui nous entoure, que nous passons notre vie à interpréter des faits et que ces interprétations, qu'elles soient positives ou négatives, marquent l'inconscient et le corps de la même façon ...

Il suffit d'inverser la vapeur.

Exemple d'actualité, on novembre, je me lève, il pleut, il fait froid, y a du vent... Je peux me dire " purée, encore une journée où la météo est pourrie " ( ce qui est arrivé plus souvent qu'à son tour les derniers jours) et me retrouver de mauvais poil ou alors " chouette, je vais pouvoir cocooner ! " ( ce qui est arrivé plus souvent qu'à son tour aussi ). Mais la deuxième interprétation sera beaucoup plus agréable à vivre (pour moi et pour mon entourage) que la précédente. C'est un peu l'histoire du verre à moitié vide- à moitié plein. Pourquoi ne pas se mettre en mode " happy" et sélectionner puis alimenter les interprétations positives qui augmentent notre bien être (et par ricochet notre capacité à être heureux ) ?

C'est vrai,que les faits sont rebelles, qu'ils résistent à nos souhaits et qu'ils se pointent souvent à notre grand déplaisir (ce matin,je suis encore et toujours en crise inflammatoire, je peux vous dire que j'ai galéré à trouver l'interprétation positive mais je l'ai dénichée : en profiter pour regarder mes fameux téléfilms de Noël) mais je pense sincèrement que leur " signification " n'est pas contenue en eux. Ils n'ont pas le code barre " jefaischierlemondebonjour" inscrit ad vitam eternam.

D'ailleurs, je me fais souvent la réflexion qu'un événement qui me faisait tourner en bourrique quelques temps plus tôt prend une issue positive sans même que je ne m'en rende compte.

Je vais prendre l'exemple de mon ancien travail. Cela me peinait grandement d'avoir perdu les dernières années dans un boulot qui ne me convenait pas, qui ne payait rien ... Aujourd'hui, j'ai décroché mon service civique grâce à lui. Et si je suis peinée que mon service civique ne soit qu'un service civique ( et qu'il ne dure donc que 9 mois ), je suis maintenant certaine que je saurais me servir de cette expérience pour valoriser mes prochains projets ...

On peut aussi parler de ma maladie, que j'ai encore beaucoup de mal à accepter ( non pas la douleur mais dans son côté invalident), ça fait deux semaines que je suis bloquée dans mon canapé et, même si je me lamente le soir sous le coup de la fatigue, j'essaye de positiver tout ça en en profitant pour chercher des idées de cadeaux maisons et de déco de Noël sur Pinterest, avancer dans mes rps en retard, regarder des téléfilms guimauves qui font horreur à mon homme, établir ma bucket list pour 2016 ...

Je pense que la signification des faits, et l'importance qu'ils prennent dans nos vies, est le résultat de l'histoire que nous nous racontons à leur sujet. Dans les deux exemples précédents, l'histoire à changée et les faits sont passés de "boulets émotionnels qui plombent le moral" à " pourvoyeurs de bonheur et générateur de bénéfices". Alors en attendant de trouver une thérapie génique pour réparer notre gène d'aptitude au bonheur, autant relier les faits à des interprétations favorables (et plausibles) pour se raconter de belles histoires. Parce que, petits ou grands, éphémères ou durables, tous les bonheurs vécus nous enrichissent et nous rendent plus fort.

Et vous ? Pensez-vous que le bonheur est une capacité innée ou acquise ? Est-il concevable pour vous qu'il soit une capacité physique et non une affaire de volonté ? Arrivez - vous à transformer les petits tracas du quotidien en pourvoyeur de joie et de bonheur ou au contraire voyez vous le verre à moitié vide malgré vos efforts ? Etes vous heureux par nature ou cela vous demande t'il un effort ? Dîtes moi tout !



     

3 commentaires:

  1. C'est vrai que le bonheur c'est relatif, selon l'idée qu'on s'en fait, mais ce qui me chagrine le plus ( même si ton article est super ! ) c'est que, même ça, ce n'est plus un droit. C'est carrément un devoir d'être heureux actuellement.Ce qui est risible, en soit, vu les galères que nous traversons. Et c'est un impératif sociétal très lourd, puisqu'il n'a pas de contenu. C'est quoi le bonheur ? Réussir sa vie ? Être en bonne santé ? Gagner de l'argent ? Avoir une famille ? Faire le tour du monde ? S'engager dans des œuvres de bienfaisance ? Vivre en ermite dans la montagne en élevant des chèvres ? Je pense que le bonheur est une quête veine, et je pense qu'il est plus important d'avoir la joie de vivre (et donc accepter l’existence dans tous ses aspects les plus cruels et les plus agréables. On est content, joyeux, d’être en vie, même si cette aventure n’a aucun sens, même si le malheur nous frappe) que de courir après le bonheur, qui obligatoirement s'arrête avec l'apparition de son pendant, le malheur.

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  2. Je ne sais pas trop quoi penser de tout ça .. sauf que ça va être une excuse en plus pour se déresponsabiliser. "C'est pas ma faute, j'ai pas le bon gêne ". Et puis, ça fait une belle jambe au déterminisme ...Faut arrêter de se chercher des excuses, il faut se prendre par la main, arrêter de se gaver d'anti dépresseur et devenir acteur de son propre changement ! C’est le travail d’une vie ! Il n'y a pas qu’un chemin vers le bonheur – car le bonheur est un chemin –, pas un but. Et ce n’est pas parce qu’on faillit sur la route que l’on sera malheureux.

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  3. Oh j'avais lu un truc du genre mais plutôt une étude qui disait que les femmes avaient un gêne du bonheur supplémentaire par rapport aux hommes, un truc comme ça ! De mon point de vue .. je pense que le bonheur et la vie parfaite qui l'accompagne, c'est de l'ordre du fantasme. Je pense que ce qui rends les gens si malheureux c'est justement cette recherche d'une vie trop parfaite. Tout le monde se torture l'esprit à l'idée qu'il puisse exister une sorte d'idéal de vie alors que ce n'est qu'une chimère . Je trouve qu'en ce moment on nous vend une vie inaccessible, irréaliste ... une illusion en somme. C'est peut être pour ça que nous sommes si nombreux à nous effriter de l'intérieur. Comme si nous avions tous un destin exceptionnel et que nous étions des ratés si on se contente de la banalité ...alors que la réalité c'est quelque chose de difficile, de compliqué, de confus ... mais je suis convaincu que si on prend la peine d'ouvrir les yeux, on peut toujours trouver de la douceur, de la beauté .. de la véracité .. dans tout ce qui nous entoure.
    Ps / désolé pour le roman x)

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