mardi 3 novembre 2015

Un jour ... je n'ai pas voulu grandir.







Les dessins au café et autres aliments de Giulia Bernardelli foodart  2Tout2Rien:

J'ai 25 ans. Un quart de siècle. Plus une adolescente. Pas encore vraiment adulte. Quand je pensais à mes 25 ans en en ayant 15, je me voyais mûre, posée, avec un bon boulot, un chéri voir un mari, un appartement, une vie épanouissante, et pourquoi pas des enfants.

Maintenant que j'y suis, j'ai envie de rire. J'ai un chéri (le plus important, on est d'accord) et l'appartement (mais pas depuis si longtemps que ça), je n'ai plus de travail (et le précédent à été un fiasco), pas d'enfants (et je ne suis pas prête d'en avoir puisque la question d'une reprise d'études un peu longue se pose chaque jour un peu plus) quant à la vie épanouissante ...

Elle est à mille lieux de ce que je m'étais imaginée. Etant timide et réservée plus jeune, je me voyais avoir trouver la clef de la confiance en moi, débordante d'assurance, faisant des barbecues entourées d'une bande de potes à la sauce Friends, je me voyais fine, débarrassée de cette couche moelleuse de graisse protectrice, je me voyais vive, pleine de bonne humeur et de créativité ...Une ramassis de clichés, on est d'accord.

La vie à fait que.

Je suis tombée tellement bas que plus personne ne me voyait. J'étais une ombre. J'ai sombré dans l'anonymat, me contentant de faire taire au mieux mes angoisses démoniaques qui me muraient chaque jour un peu plus dans un rôle que j’exécrais. Tellement peu moi. Et en même temps, tellement moi quand même. Je voulais revenir. Détacher ses nœuds invisibles que la convention sociale avait nouée en moi à force de " ce n'est pas de ton âge, t'as pas honte ? Tu es une vraie gamine ! " " Grandis un peu " " Tu as vraiment deux ans dans ta tête " et autres gaietés du même genre. Je voulais revenir mais je n'y parvenais pas. Dès que je tirais sur un nœud, un autre se serrait un peu plus. Je n'étais plus rien, plus personne, avec ma uniquement ma peine, ma colère et ma douleur ...

Et un jour, par je ne sais quel hasard, j'ai recommencé à monter la pente. Au lieu de me laissé glisser. Tout aussi soudainement que j'ai commencé à déraper, je me suis mise à m'accrocher aux branches, aux cailloux, à lutter contre ce vide terrifiant. J'ai lu. Beaucoup. J'ai écouté. Beaucoup.Je voulais retrouver ses jours simples où il suffisait d'un peu d'imagination et de douceur pour être heureuse. Je voulais retrouver cette âme d'enfant que j'avais abandonné à contre-coeur pour faire plaisir aux autres.

Mon âme d'enfant.

S'émerveiller d'une multitude de petites choses devenues invisibles aux yeux des adultes. Ces choses anodines de la vie quotidienne mais qui tiennent pourtant de l'extraordinaire. Rêver. Rêver encore et toujours. Croire aux fantômes, aux fées, aux lutins. Se dire que les légendes ne sont pas des légendes par hasard et qu'il n'y pas de fumée sans feu. S'extasier aux rayons jouets devant la douceur des peluches ou sur la beauté d'une poupée. Jouer. Tout le temps. Avec mon homme dans la voiture ( à " devine à qui je pense ? ") , avec ma sœur au petit bac,sur la terrasse, aux cartes, ... ou même toute seule sur mon PC. Se coucher dans l'herbe et chercher les formes dans les nuages. Chanter. Même des chansons Disney. Danser sur une musique de parking juste parce que ça me démange. Adorer les paillettes, les jupons et les trucs de princesse. Faire beaucoup de mousse dans mon bain pour m'admirer avec une moustache et des cheveux crépus. Manger des kinder pour le dessert.Dormir avec des peluches. Et assumer. Faire des pieds et des mains pour aller au cinéma voir les nouveaux films pour enfant. Faire un gâteau et dessiner dans la farine. Faire des batailles d'oreillers.Cueillir des pâquerettes et savoir s'il m'aime un peu, beaucoup ou passionnément. Attendre avec impatience Halloween et Carnaval pour pouvoir se déguiser.Trépigner comme une gosse devant les décorations de Noël. Craquer sur un porte clef complètement kawaï. Aller dans un parc d'attraction. Essayer d'attraper les flocons avec la langue. Faire des repas totalement régressif à base de pâtes au ketchup. Faire du trampoline. Admirer les illustrations d'un compte pour petits.Construire des cabanes dans les arbres, Dévaler une pente en roulant dans l'herbe. Faire la course en vélo. Collectionner les "Tom-tom et Nana " ou les "Martine". Mettre des marshmallows dans son chocolat chaud ...

Parce qu'honnêtement la vie est bien assez difficile comme ça, pleine de désillusions et de malheurs, pour qu'en plus on se passe de ces petits bonheurs quotidien. Et je ne sais même pas comment j'ai pû laisser la société et les conventions sociales éteindre cette petite flamme ...

J'étais une adulte. Une adulte asphyxiée. Asphyxiée de responsabilités, de devoirs,d'engagement, soucieuse (bien trop soucieuse) de l'image qu'elle devait renvoyer aux autres chaque jour ..Sous peine de me voir classer dans la catégorie " inadaptée " voir pire " inadaptable ". Et c'est comme ça que je me suis reniée. Que je me suis perdue. Alors, je dis stop. Et je dis oui à la rhéabilitation de l'enfance dans ce monde de barjots. Dans le monde du travail ( Google l'a bien compris. Et on voit bien ce que ça donne. Des projets collaboratifs géniaux). Dans l'intimité. Avec vos enfants. Avec vos aînés. Partout. Tout le temps.


10 commentaires:

  1. Savoir garder son âme d'enfant, c'est savoir vivre avec légèreté en trouvant de nombreuses astuces pour aller de l'avant sans crouler sous le poids de la difficulté. je le vois avec les miens.
    Un enfant est très créatif. Un rien l'amuse. Sa curiosité lui permet d'aller de découverte en découverte, et il finit par trouver une solution...Face à ce qui lui est inconnu, un enfant s'entête et rien ne l'arrête ( actuellement Léon se bat avec l'apprentissage des lacets et il m'étonne chaque jour en tenant des choses auxquelles je n'aurais jamais songé) . Garder son âme d'enfant, c'est traverser la vie joyeusement, voilà tout !

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    1. Bon courage à Léon et belle conclusion ! ;)

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  2. Coucou, et merci pour ce billet, je me reconnais tellement...

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  3. Vu comme ça, être adulte, c'est complètement pourri ...Après, ça veut dire quoi " être adulte " au juste ? Je suis d'accord avec ce que tu as écris; on a le droit de colorer son univers avec ce qui nous enchante (personnellement, j'adore prendre des boissons où il y a de la mousse de lait, juste pour me faire une moustache) C'est essentiel que de pouvoir s'aménager l'espace dont on a besoin, l'espace pour rêver, je trouve, tout en tentant d'assumer du mieux possible ses responsabilités. Y aussi du bon dans le fait de grandir (notamment l'autonomie et la liberté de pouvoir faire ses propres choix ..). Il faut un juste équilibre, selon moi !

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  4. Un article qui me parle beaucoup, une fois de plus, je me retrouve dans tes mots. Je pense que c'est important de garder son âme d'enfant, ça aide à voir la vie autrement, avec peu plus de légèreté... Des bisous ma Di', prends soin de toi <3

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    1. Merci ma Lina ! Prends soin de toi aussi et voit la vie en couleur, c'est le secret du bonheur * Disney powa* ( on est dans le thème là XD )

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  5. J'Adore te lire <3 Et je me dis que vraiment, on aurait pu bien s'entendre dans "la vraie vie" xD

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    1. Ahah, le fameux IRl .. Oui sans doute, en tout cas, je pense que j'apprendrais beaucoup de toi, notamment sur ton rapport à la nature qui est super intéressant ! :)

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  6. hey

    ton article reflète tellement mon état d'esprit du moment. j'avais opté pour la crise des 25 ans en pensant tout ça, jusqu'à ce que je me rendes compte que mon caractère est comme ça, je suis une grande enfant, je mange des kinders au dessert (et pas que!), je me suis acheté tout les disneys que je voulais voir, j'ai retrouvé cette part de moi que je refoulais sous pretexte que je n'avais plus l'âge et je ne me suis jamais senti aussi bien :)
    merci pour ton article, il est vraiment vrai !

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