samedi 14 novembre 2015

Un jour ...il y a eu plus grand qu'eux, il y a eu la France.


Grace upon grace Photography



Je suis totalement incapable de construire un billet correct sur ce sujet si grave qui nous à heurté de plein fouet. Aujourd'hui, je ne suis pas plus capable de structurer le tourbillon de pensées que m'inspire l'actualité mais j'ai besoin d'en parler, même maladroitement, même incomplètement. D'échanger avec vous sur ces questions qui me préoccupent terriblement.

Je ne prétends pas ainsi trouver une solution contre le terrorisme, d'ailleurs il est clair qu'il n'existe aucune recette miracle pour endiguer cette menace ... mais j'aimerais pouvoir apprendre à vivre avec cette idée, savoir la gérer émotionnellement et psychologiquement ... Parce que je suis bien lucide, du reste. Même contenu, même gérer de manière à ce qu'il ne représente plus de danger majeur pour les citoyens du monde, ce fléau continuera de couver, à apporter son lot de sang et de larmes ...

Encore une fois, c'est l'incompréhension et la sidération qui m'habite. Je ne peux pas concevoir que des êtres humains dotés d’intelligence, de pensées, de raison et de sentiments puissent commettre des actes d'une telle barbarie. Cela me dépasse. Et cela me rend malade de me coucher de plus en plus souvent en déplorant l'horreur, la peur et le chaos qu'ils distillent dans nos vies.

Quand on se retrouve face à un groupe armé, puissant et totalement incontrôlable qui frappe sur terre, en mer, dans les airs, qui ciblent les moyens de transports, les symboles des puissances économiques, militaires, touristiques, pétrolières, des symboles religieux .. et ce, sur les cinq continents, il est peut -être temps de s'alarmer, non ?

Certains diront qu'il faut faire preuve de compassion. Prendre ces personnes en pitié pour être tombées dans les mains de savants gourous manipulateurs, pour avoir été endoctrinées à accomplir ces tueries.

Je ne suis pas d'accord.

Je suis d'ailleurs ulcérée par le laxisme des politiques sur cette question. Hormis Poutine qui a la brillante et très respectable idée de les traquer, jusque dans les chiottes. Il ne m'attire guère de sympathie en temps normal mais les discours sans consistance, pour ne pas dire moralisateur, on en a assez soupé. Comme le dirait notre cher président,accessoirement chef des armées, il en va de la responsabilité de chacun, mais a priori pas de la sienne.

Apparemment ce qui s'est passé en janvier n'a pas eu assez d'impact pour que les gouvernements décident de se pencher plus sérieusement sur cette question. On nous disait alors que le temps était au recueillement, que les mesures viendront ensuite ... je les attends encore.

Ces gens terrorisent le monde et tout le monde ferme les yeux. On prononce quelques belles paroles, comme pour apaiser un enfant qui a fait un cauchemar, et on retourne s'occuper des problèmes plus urgents.  J'ai bien envie de dire que si les cauchemars se multiplient ... c'est qu'il y a une raison. Cette menace est réelle, les événements actuels nous le rappelle, encore, et je redoute que le pire soit devant nous, tant elle commence à gangrener notre société.

Ce soir, j'ai encore perdu une partie de ma confiance au monde. Mon espérance se débat tant qu'elle peut contre cet avenir opaque, violent , destructeur et incohérent mais je sens qu'elle est en train de perdre. Il ne me reste que le goût amer de mon impuissance, mes larmes qui sont le reflet de l'orage qui me dévaste à l'intérieur et mon coeur douloureux pour toutes ces victimes de l'absurdité humaine.

Alors je tente, par tous les moyens, de me raccrocher au présent, pour faire contrepoids, pour ne pas me laisser paralyser par la peur ou consumer par la colère. Reprendre prise sur mon existence, me rattachant à de toutes petites choses pour me relier à un monde accessible, à un quotidien prévisible, ce quotidien où l'on peut encore aspirer à une vie plus douce, plus paisible, ce quotidien où les gens ne meurent pas criblés de balles sur la plage de leur hôtel, où les patrons ne se font pas décapiter sur leurs lieux de travail, où les gens ne sont pas assassiner pour un dessin, où les jeunes qui fêtent leur 20 ans entre amis ne voient pas leurs vies s'envolées . Parce que s'ils ont promis que les rêves se réalisent, ils ont omis de préciser que les cauchemars en sont aussi.

Et vous ? Comment vivez vous ces faits d'actualités ? Quels sentiments cela éveille t'il en vous ? Vous sentez vous encore en sécurité dans votre pays ou quand vous voyagez ? Pensez-vous qu'il existe un moyen efficace pour lutter contre la menace terroriste ? Trouvez vous que les politiques sont assez impliqués dans cette lutte ? Dîtes moi tout !



16 commentaires:

  1. Je suis assez de l'avis de Poutine. Je pense qu'il est grand temps de se mettre en guerre contre la monstruosité du fanatisme islamiste. Cela devrait devenir l'une des priorités absolues de nos gouvernements. Il faut le combattre sans pitié, sans relâche, pour le terrasser. Par contre, magnifique titre pour ce billet !

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    1. Merci Wally. Je pense que des décisions de ce genre, sur ces évènements qui nous touchent tous de pleins fouets, ne devraient pas être du seul fait des politiques, un référendum sur le souhait des Français serait bienvenue, seulement on sait toutes les deux que ça ne verra jamais le jour, le gouvernement ne sera pas capable d'en assumer les résultats ...

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  2. L'illustration et le titre sont parfaits. Cela montre très bien l'ambivalence de nos sentiments ...Comme tout le monde ( ou presque ) , je suis triste, las, dégoûtée, en colère, dépassée, impuissante et je laisserais bien la peur me gagner. Mes quand nos peurs s'emballent, le pire arrive souvent. Alors je continue de m'attacher à toutes les preuves de gentillesse dont regorge mon quotidien. J'essaie de garder la conviction que, parce que le bon existe en nous et donc, chez l'autre, notre humanité et notre avenir n'est pas condamnée au pire. La réponse à cette infamie odieuse ne peut être la haine ( nous ne valons donc pas mieux qu'eux) mais notre engagement personnel et quotidien pour améliorer notre monde et rééquilibré la balance...

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    1. Mon côté humaniste te crierais qu'il est d'accord mais du reste, je commence à penser que s'accrocher à ce genre de choses c'est comme mettre un pansement sur une gangrène ...

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  3. Consternation, incrédulité, colère, peur, effroi, tristesse, dégoût , envie de vomir, envie de fuir, de pleurer ...Voici mes états d'âme et d'esprit actuellement. Comme toutes personnes dotées d'un cœur, je suppose. Ici la tragédie à prit un autre trait, une autre dimension. Celle des amalgames. Ma meilleure amie est musulmane. Elle habite le dixième arrondissement. ( J'étais chez elle le week end dernier et on est allé boire un verre dans un bar de ce quartier .. la vie ne tient vraiment à pas grand chose ). Hier, des petits cons ont tagué sa voiture, on en brisé les vitres et explosé les pneus. Elle aussi souffre pour son pays et maintenant elle à mal à sa religion ... Je ne sais pas ce qui est le pire, ces monstres qui utilisent la religion comme prétexte ou ceux qui ne savent pas faire la différence entre les terroristes et les musulmans. Peste ou choléra, c'est ce qu'on dira.

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    1. Oh non, la pauvre ! Bon sang que les gens peuvent être stupides ... Comme je le disais en janvier, confondre les musulmans avec l'islamisme radical, c'est comme mettre l'abbé pierre dans le même sac ... deux choses qui n'ont strictement rien à voir. Courage à ton amie !

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    2. Pardon, dans le même sac que les croisés ... j'en perds mes mots.

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  4. Comme je n'ai pas de mots, pas de solutions, j'ai allumé des lumignons. Un blanc pour la paix et toutes ces nouvelles étoiles, un rouge pour l'amour qui triomphera TOUJOURS de TOUT, un bleu marine pour toutes ces bleus à l'âme, un vert, symbole de mon espoir qui n'est pas encore mort et un rose, parce que je m'obstinerais à voir la vie ainsi jusqu'au bout.

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  5. Je ne vais pas faire de pavés car je m'en sens parfaitement incapable mais je me sens atrocement mal depuis ce vendredi noir : je suis totalement sous le choc, horrifiée, et constamment sur les nerfs ainsi qu'au bord des larmes quand je pense à toutes ces personnes ayant été blessées - ou pire - ainsi qu'à toutes celles n'ayant pas la moindre nouvelle de leurs proches. Paris est à 600 kms de nous mais tellement proche dans nos cœur ...

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  6. On pense que les tragédies ne touchent que les autres. C'est tellement inconcevable ... tellement absurde, tellement inadmissible. Pourtant, cette après-midi, je prends l'avion en direction de Paris. Paris notre ville lumière qui a perdue de son bel éclat. Paris qui à vu mourir un de nos amis. Mon mari vient de perdre son meilleur ami d'enfance. Il laisse derrière lui sa femme, ses deux petites filles et son fils à naître en décembre. Il laisse derrière lui des parents inconsolables d'avoir perdu leur fils unique, des amis éplorés, des collègues dévastés. Pour nous, le cauchemar est devenue réalité ...et il a tout balayé.

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    1. Je me doutais bien qu'il se passait quelque chose de grave pour que tu ne me répondes pas mais j'ai prié que ce ne soit pas une horreur pareille ... Je suis tellement triste pour vous, pour ton mari et pour cette famille que je ne connais pas mais dont je compatis à la douleur ...Je donnerais tout pour avoir une baguette magique et pour tout effacer, pour ré-enchanter votre monde qui vient d'être détruit ... Je ne peux que vous présenter mes sincères condoléances et tout mon courage pour cette douloureuse épreuve.

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    2. Je ne te connais pas, demoiselle Maki, mais je te présente ( et mes kots aussi ) nos plus sincères condoléances. Il n'y a pas de mots pour exprimer à quel point nous sommes affligés par la dure perte que vous vivez toi et ta famille. Vous avez toute notre sympathie ...

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  7. J'ai envie de te citer Périclès qui disait il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Lorsqu'on a la chance de naître dans une démocratie, on pourrait croire que la liberté est un acquis mais il n'en est rien. L'actualité en est la preuve. Il faut faire preuve de courage pour la préserver. Ce courage, qui nous est aujourd'hui demandé, consiste à se remettre en question, à combattre les croyances, les amalgames, les certitudes et à faire évoluer nos modes de pensée. Il consiste aussi à renoncer à l'intolérance et au mépris. De là naitra un sentiment bien plus fort que la peur dans laquelle ils veulent nous enfoncer .
    PS : Je suis de retour depuis deux semaines, je passais te faire un bisou et me voilà à commenter cette triste actualité. Je prends toujours autant de plaisir à lire ce blog qui à encore une fois muter de la plus belle des façons. Un gros câlin à la guimauve et au chocolat belge. Love, peace et tarte au suc' bien sûr !

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    1. Kiwi, tu m'as gravement manqué quand même, je suis contente ( malgré les circonstances ) de retrouver ma copine belgicaine ! ♥

      PS : Comme d'habitude, ton commentaire est toujours un bonheur à lire ..

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