dimanche 25 octobre 2015

Un jour ... mon corps ne sera plus mon ennemi.

café, coffee, cup
Pexels Photography 

Mon corps et moi, on a toujours eu une relation compliquée. Souvent faites de dégoût, de colère, voir de haine. Depuis que je suis petite, mon corps me fait souffrir. D'abord par l'image qu'il a renvoyé de moi, celle de la petite grosse, puis physiquement quand j'ai commencé les crises d'angoisses et la somatisation.

A mon grand regret, les choses ne se sont pas véritablement arrangées avec l'âge. Oui, en toute franchise, je me suis accrochée au fol espoir du vilain petit canard qui devient un cygne ...

J'ai eu des lunettes, un appareil dentaire, de l'acné, puis on m'a diagnostiquée opk, avec le cortège des joyeusetés qui l'accompagne ( surpoids, acné, alopécie ...) et le summum, ça a été la fibromyalgie. Avec des symptômes allant d’acouphènes par intermittence à de l'asthénie en passant par des problèmes urinaires, des impatiences dans les jambes, des troubles de l'humeur, des problèmes digestifs, de l'anxiété, de la dyspareunie, des raideurs musculaires, des névralgies à répétition et j'en oublie encore quelques uns ...

En gros, pour faire simple, je pourrais aller voir tous les dermatologues de la Terre, cela ne changera rien. Ma peau sera toujours une carte Mappy. Je pourrais faire toutes les cures de vitamine D et de levure de bière, je n'aurais jamais une crinière de star. Je pourrais faire tous les efforts alimentaires possibles, je ne serais jamais mince. Je pourrais courir tous les médecins, mon corps restera toujours une boule de souffrance à répétition. Bien. 

Je me mets à pleurer tout de suite ou maintenant ? 

Autre question : pourquoi je me tuerais à faire des efforts pour prendre soin de moi s'ils sont de toute évidence voués à l'échec ? Elle est bonne celle là, hein ?

Parce que je m'aime et que je me respecte ? Blagounette. Il y a lui et il y a moi. Il y a ce corps sur lequel je ne peux pas compter et qui me pourri la vie, qui contrecarre tout mes plans. Je ne vois pas pourquoi je devrais respecter ce fumier qui m'empêche de vivre comme je le voudrais ( c'est à dire beaucoup plus intensément que sous ma couette, irradiée de douleurs). Parce que je suis une fille, tout simplement ? Re-blagounette. Oui, oui, je suis une fille mais faut bien creuser sous l'écorce. J'ovule pas. Je peux pas avoir d'enfant. N'est-ce pas là ce qui nous différencie des hommes ? Parce que si je ne fais pas d'efforts pour moi, je peux en faire pour mon homme ? Argument recevable.  Parce que je l'aime et parce que j'aime le séduire ( si déjà je ne me séduis pas moi même ...) Parce que c'est trop facile de se laisser vivre ? Oui, c'est facile. Mais il y au aussi du bon là-dedans vous savez ...

Alors parfois, je suis lasse. Parfois, j'en ai marre. Vraiment. Parfois, je suis fatiguée de tout ces efforts inutiles. Mais un corps, on n'en a qu'un (et c'est vraiment con !) . Au final, si je le chouchoute, si je prends soin de lui, peut-être finira t'il par me le rendre. Ouais, je me fais l'effet de lui fournir des pots de vins pour qu'il stoppe son carnage. Et puis de toute façon, c'est comme ça. Se braquer et l'envoyer se faire voir ne changera rien à la donne (malheureusement). Alors, je vais chez le coiffeur, je fais une jolie coupe et une jolie colo, je mets du volumateur, je masse, j'hydrate, j'épile, je soigne, j'applique de la crème contre les imperfections, je me maquille, je mets du vernis semi permanent, je prends soin de mes ongles, je dors, je me dorlote, je fais la fille et puis c'est tout. Je m'achète des vêtements, je me paie des chaussures qui ont du style, je porte des bijoux, je cherche ma "griffe", je me parfume et je mets une chemise de nuit sexy. Je fais la fille parce que mon corps à décidé de m'ôter tout ce qui me définie en tant que tel. 

Alors je peux bien me payer trois vernis de couleurs différentes pour mettre l'arc-en-ciel sur mes doigts. 

Et vous ? Comment vivez-vous votre rapport au corps ? Est-ce plutôt facile ou êtes vous en conflit ? Quelles sont les choses indispensables qui vous font vous sentir bien ? Le regard des autres sur votre silhouette vous pèse t'il ? Et les impératifs de la société ? Si vous pouviez changer quelque chose chez vous qu'est-ce que ça serait ? Dîtes moi tout ! 

6 commentaires:

  1. Je ne connais aucune de ces deux maladies mais effectivement, ça ne semble pas très facile à vivre ...En tout cas, je trouve ça bien que tu cherches quand même à pacifier la relation que tu as avec ton corps ...

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    1. De toute façon, je crois qu'on n'a pas trop le choix ! En tout cas, je suis tes conseils de la politique des petits pas, je me suis fixée deux objectifs ( faire au moins 42000 pas dans la semaine et deux séances de vélo elliptique) . Après, quand ça sera devenue une habitude, je rajouterais un autre objectif, je crois que le truc, quand on a envie de changer, c'est qu'on envoie tout balader d'un coup alors forcément, ça complique les choses ...

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  2. Mon corps et moi, pour résumer, c'est "je t'aime moi non plus". J'ai beau avoir pris quelques kilos (je fais partie de celles que l'anxiété ronge !), je me trouve encore trop mince et dans ma tête j'ai encore les commentaires très intelligents qu'on a pu me faire étant plus jeune.
    Ce que je trouve dommage dans la société actuelle, c'est qu'on ne puisse pas accepter les gens comme ils sont, on nous fait culpabiliser soit parce qu'on est trop menue, soit parce qu'on est trop ronde... On n'en sort pas.
    Je pense qu'on a toutes quelques complexes. Ce qui diffère c'est à quel degré tel ou tel complexe a un impact sur notre vie.
    Après le regard des autres ne me pèse plus autant qu'avant, fut une époque où j'aurai jamais oser mettre un débardeur par exemple, je voulais cacher mes bras tous fins, maintenant je m'en moque.
    Sinon, si je pouvais modifier un truc, ça serait des petites choses : des épaules rondes, des bras plus épais, un corps plus tonique aussi ! Mais vraiment pour moi, pour me trouver plus "harmonieuse" on va dire.
    C'est difficile de s'accepter, mais pas impossible. Il faut avant tout se détacher du regard d'autrui, ça libère ;)

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    1. Je connais ce souci de la "fine attitude " aussi, j'ai une personne de mon entourage qui est comme toi et elle galère autant que moi à s'accepter, à s'habiller, à se mettre en valeur ... La société est faites pour des 38-40, au dessus et en dessous, c'est la croix et la bannière. Elle fait du 34 alors elle s'habille carrément dans les rayons ado (on y trouve des trucs pas mal, l'autre jour, j'ai jeté un œil par curiosité ) , elle dit qu'elle se sent mieux qu'avant à porter des fringues du rayon "normal" mais que ça reste stigmatisant ( comme le rayon xxl pour nous). Et à force, on trouve toutes des parades pour nous mettre en valeur mais c'est pas facile, on est pas assez aiguillées là dessus ( et les vendeuses n'y connaissent généralement rien ..).

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  3. Le truc c'est que tu vas rester un bout de temps avec toi, de ta naissance à ta mort. Cela peut être quelques années, des dizaines d’années ou une centaine d’années ! Et c'est notre lot à tous ... La question, c'est : pendant ce laps de temps, comment souhaites tu vivre ? Chaque personne a ses défauts : physiques, mentaux, spirituels … ils font notre unicité alors c'est plus cohérent de chercher à les mettre en avant qu'à les gommer ... Mon père, très croyant comme tu sais, me disait que si Dieu avait permis autant de "bizarreries " c'est parce que nous étions tout à fait capable de vivre avec et d'en tirer parti ...

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    1. C'est une très jolie phrase que je vais méditer chaque jour jusqu'à que je l'intègre pleinement et parfaitement !

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