dimanche 27 septembre 2015

Un jour ... je me suis dis qu'il était trop tard.


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Orla Collective Photography 

Hier soir, c'est venu comme ça dans la discussion. Je ne sais plus comment, mais j'ai lancé un " de toute façon, on pourra bien faire ce qu'on voudra, je crois que c'est trop tard".

Trop tard pour quoi ?

Pour sauver notre planète de l’imbécillité humaine  et assurer l’avenir de l'humanité, pardi.

Ce qui a fini d'enterrer mon optimisme ?

Cette photo d'un ours polaire rachitique, mort de faim sur sa banquise. Franchement, j'en aurais pleuré. Tout comme d'apprendre que quatre espèces sont en danger critique d’extinction à cause de la production d'huile de palme, que des abrutis de touristes ont perturbé la ponte des tortues au Costa Rica, que les glaces fondent à une vitesse de plus en plus alarmante, que 250 dauphins ont été massacré aux îles féroé... je peux continuer la liste sur des pages et des pages.

Bien sûr, je sais, tout le monde sait, que la santé environnementale de notre planète est préoccupante. Mais je me demande de plus en plus si ce que nous faisons à le moindre impact. La moindre chance d'aboutir à quelque chose. J'ai l'impression d'être ce colibri qui jette une goutte d'eau dans le brasier de sa forêt enflammée. Alors, bien sûr, on peut considérer que je fais " ma part " et que c'est déjà bien. Mais ça n'empêche pas la forêt d'être détruite ... je n'ai malheureusement pas l'égocentrisme de penser que "moi, toute seule, je peux, en en modifiant mon alimentation/mode de vie, réaliser ce que toute une société ne peut faire ".

Certains disent que la Terre se sauvera toute seule.

Pour la simple raison qu’elle a connu des révolutions bien plus profondes, des changements climatiques drastiques, cinq grandes extinctions de masse, des hivers nucléaires sans nucléaire mais avec volcans, des perturbations orbitales, des bombardements de météorites ou d’astéroïdes, des glaciations incroyables, des dislocations de continents, et qu’elle s’en est toujours remise. La vie a toujours repris ses droits même lorsque, il y a 250 millions d’années, 96 % des espèces marines ont disparu ainsi que 70 % des vertébrés terrestres.Pourquoi ? Parce que ce système naturel qu’est la Terre s’ajuste aux conditions qui lui sont imposées. Dans le cas du réchauffement climatique, la planète retrouvera, dans quelques siècles, dans quelques millénaires, un équilibre.

En voilà une bonne nouvelle. mais alors, que faut-il réellement sauver ? La planète ou plutôt l'humanité ? La Terre s'en sortira sans doute, mais nous ? Les générations futures sauront-elles s'adapter aux stratégies que la planète aura développer ?

Quand les extrêmes climatiques seront plus fréquemment atteints, quand les villes côtières seront fragilisées par la montée des océans (voir quand elles ne disparaîtront pas, je rappel qu'Hambourg, New-York, Tokyo ou encore Calcutta sont concernés par cette hypothèse) , quand l’accès aux ressources naturelles de base telles que l’eau potable et la nourriture sera nettement plus problématique (voire une source de conflits), quand les services rendus gratuitement par la nature seront réduits en raison de la perte de biodiversité ( j'en parlais sur mon autre blog avec l'extinction des abeilles) , seront nous capables de faire face ?

Souvent, quand je vois les gouvernements ou mes compatriotes s'exciter sur des problèmes quotidiens sans se préoccuper le moins du monde d'avoir une ambition écologique, je me dis qu'il y a des baffes qui se perdent. Tout le monde s'en foutra d'être au chômage ou de rouler en Q5 quand tu devras taper sur la tronche de ton voisin parce qu'il voudra te piquer les trois pauvres carottes que tu as fais pousser parce qu'il n'a rien mangé depuis une semaine.

Alors, mon cher con et mon cher patriote, si t'es pas capable de comprendre qu’en ayant dépassé les limites de notre biosphère nous mettons en péril la survie même de notre propre espèce, j'ai envie de te dire ...ouvre les yeux et sort toi les doigts du cul, bon sang ! Et comme je suis cynique dans l'âme, je te dirais bien aussi " allllooooooo, la terre n'a pas besoin de toi, c'est toi qui a besoin d'une planète en bonne santé pour continuer à VIVRE".

Nous sommes tous plus ou moins (jetons la pierre aux générations précédentes qui étaient déjà au courant des enjeux et qui ont laissé la situation s'aggraver) responsables de cette situation. Mais je crois que ce qui inquiètent tant les gens, finalement, c'est de sauver le mode de vie qui est le leur. Mode de vie bien confortable, à la réflexion. En fait, je crois qu'il ne s'agit plus vraiment d'une question écologique mais d'une question de confiance.

De confiance dans l’humanité.

Malheureusement l'air de l'idiocratie n'a pas l'air de vouloir sonner son glas et je me désespère chaque jour de ne pas être assez forte pour contrebalancer un peu plus la balance des atrocités commises par mes pairs. Individuellement, nous sommes sans doute des "êtres acceptables " ( pour preuve les nombreuses bloggeuses engagées que je lis régulièrement ) mais collectivement, nous restons un véritable fléau. Après, je ne peux m'empêcher de penser que si l'homme n'est pas capable de comprendre tous les tenants et les aboutissants de cette affaire, c'est que finalement, il n'y a peut-être pas lieu de devoir le sauver ...

Et vous ? Pensez-vous qu'il est trop tard pour faire ralentir la machine ? Vous sentez vous utile dans vos actions en faveur de l'environnement ? Qu'aimeriez-vous voir comme mesures ? Pensez vous que les générations suivantes seront capables de s'adapter aux nouvelles conditions de vie sur la planète ? Dîtes moi tout !



8 commentaires:

  1. Malheureusement, informer ne suffit pas, convaincre non plus. Il y a un monde entre ce que les gens savent devoir faire et ce qu’ils font réellement. Je crois qu' il ne suffit pas de changer les idées pour changer les comportements. En tout cas, c'est un très bon billet ... pas très rassurant mais, au moins, il a le mérite de ne pas se voiler la face ...

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    1. Oui, ça me rappel cette étude qui disaient que 95% des gens se disaient prêt à ramasser les papiers dans la rue et en fait ils ne sont que 2% à le faire réellement ... Affligeant.

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  2. Quand tu penses que ça fait 30 ans qu'il y en a qui tirent sur la sonnette d'alarme... Je crois qu'il y a une notion qui a été perdue depuis le temps. Celle du respect. Pour respecter son environnement, il faut respecter les autres, mais aussi savoir se respecter soi-même. Tout est lié. Tant que le moteur de la société ne fonctionne qu’avec le profit, la compétition, et la consommation, cet équilibre dans l’attention portée à l’autre me semble difficile à atteindre. Oui, je sais, c'est mon côté bouddhiste qui doit s'exprimer là... Pourtant mon projet d’avenir est des plus simples : m’efforcer que mon comportement ne soit pas en contradiction avec mes convictions. En essayant d'y associer le plus grand nombre parce que c'est loin d'être gagné !

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    1. Je pense que tout un chacun devrait avoir le même projet d'avenir ... Quoique, s'ils ont la conviction que leur action ne rime à rien ( et les comportements qui vont avec..), on est pas prêt de faire bouger les choses ...

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  3. Hello !
    Je découvre ton blog via ce billet. Déjà, je tenais à te dire qu'il est très beau et que tu as une plume que j'aime beaucoup. Comme toi, la question de l'écologie me préoccupe depuis longtemps. Le respect de la planète est un problème primordial, dont il est difficile de prendre conscience, parce qu'il implique que l'on ait un regard mondial, international sur un problème que l'on ne peut résoudre, pour commencer, que de manière locale. Comme tu le disais si bien avec l'histoire de la goutte d'eau. Je pense qu' il faut donc commencer par faire du problème écologique une priorité pour tous, et partout. Je t'assure qu’agir localement, au quotidien, peut avoir un impact à l'échelle mondiale. Il ne faut pas baisser les bras ! :)

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    1. Bienvenue par ici Lulla :)
      Je ne baisse pas les bras, je continue à faire de mon mieux mais parfois je me dis que tout cela est vain...

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  4. Je suis bien d''accord avec toi. L'urgence n'est pas du tout environnementale ( je crois même que la Terre serait ravie de nous voir disparaître ) mais comportementale ! Si nous ne revoyons pas notre grille de valeurs, je crains que les efforts (même les plus engagés et les plus actifs) pour l'environnement ne finissent par s'épuiser et devenir vains.Il nous faut vraiment apprendre à prendre en compte le facteur écologique en amont de nos gestes plutôt que d'avoir le réflexe de réparer les dommages sans modifier notre comportement....

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